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Le cynorrhodon

30 sept. 2020
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 févr. 2021


Rosa vient possiblement d'un mot sanscrit qui signifierait « flexible », sans qu'on sache de la flexibilité de quoi au juste il s'agit. Ce qu'on sait, c'est que, à quelques variantes orthographiques près, le mot est le même dans toutes les langues européennes, ce qui serait une indication de sa très grande ancienneté.

« Cynorrhodon », ce mot détestable qu'on n'arrive jamais ni à écrire ni à prononcer correctement, vient du grec kunorodon, qui signifie littéralement « rose de chien », par allusion à ses propriétés alléguées de protéger contre les morsures de chiens enragés. Le nom de la variété Rosa canina (rose de chien) renvoie lui aussi à cet usage médicinal tellement ancien qu'on n'en retrouve aucune trace dans les matières médicales des derniers siècles.

À noter que « cynorrhodon » désigne tout particulièrement le réceptacle rouge renfermant les fruits (qu'on appelle à tort « graines ») du rosier et de l'églantier, soit la partie utilisée en cuisine ou en médecine.

On a également appelé la plante « gratte-cul » à cause des poils attachés aux graines - aux fruits, pardon - et que les enfants utilisaient autrefois comme poil à gratter. Cette tradition s'est également retrouvée chez les Amérindiens qui affirmaient que ceux qui consommaient les poils se trouvaient affligés de pénibles démangeaisons au postérieur.

« Églantier » vient du latin populaire aquilentum, « qui a des piquants », de acus, « pointe, aiguille ».

Contrairement à ce que l'on entend dire parfois, « églantine » ne désigne pas le fruit mais la fleur.

Au Québec, on a parfois désigné l'églantier sous le nom de « cébreur », par déformation du nom populaire anglais sweetbrier. Toutefois, le brier de sweetbrier serait, lui, une déformation du français « bruyère », arbuste que ce nom désigne, lequel nom, par parenté de forme, les anglophones ont aussi attribué au rosier sauvage. Ah! La fluidité des langues!



Les baies de diverses variétés de rosier sauvage étaient consommées par de nombreuses peuplades amérindiennes sur tout le territoire où il pousse. Elles étaient considérées comme un excellent aliment de survie dans la mesure où elles restent accrochées au plant tout l'hiver. On en faisait une décoction et chez certaines peuplades, une bière. En été, on consommait également les pétales des fleurs. Les Pied-Noirs broyaient les baies et les mélangeaient avec du pemmican. En passant, saviez-vous que depuis 1819 - date de sa découverte par un marin et explorateur anglais - le pemmican est la nourriture de base de toutes les expéditions polaires à cause de sa très haute valeur nutritive, de son volume réduit et de son exceptionnelle conservation? Composé originellement de viande séchée, pulvérisée et mélangée à de la graisse, cet aliment traditionnel des Amérindiens de la Baie d'Hudson a connu quelques variantes modernes mais le principe de base reste exactement le même : pour l'essentiel, de la viande séchée et un corps gras, auxquels on ajoutera éventuellement de la poudre de légumes, de la poudre de céréales, quelques fruits séchés et du sucre.

Les Esquimaux de l'Alaska confectionnaient une sorte de pouding avec de la pulpe écrasée de cynorrhodons, de l'huile de phoque, de l'eau et du sucre. Ils ajoutaient également les baies à un plat composé de queues de saumon pré-mastiquées (pré-mastiquées? Seigneur! J'entends d'ici les protestations des inspecteurs des aliments!) et séchées. Aujourd'hui, elles sont plutôt préparées en sirop, confiture, gelée, marmelade et ketchup, seules ou mélangées à divers autres fruits. Les Tanainas les mélangent à de la graisse ou des oeufs de poisson, ou encore les battent avec un corps gras pour en faire une sorte de crème glacée. Dans certaines tribus, les feuilles étaient placées dans la fosse à cuisson afin d'aromatiser les plats que l'on cuisait dans la braise. On a également fait une décoction des feuilles et des jeunes rameaux.

Homo sapiens sapiens et sa conjointe ne sont pas les seuls à rechercher cette baie légèrement acidulée. Il semblerait, en effet, que les Ursus - sans distinction d'espèce ou de sexe - y voient un aliment de pré-hibernation de choix.



Les baies de toutes les variétés de rose - sauvages ou cultivées - se consomment mais, parmi les variétés sauvages, celle du Rosa rugosa est la plus grosse et, par conséquent, la plus facile à apprêter. Toutefois, lors de promenades, on est beaucoup plus susceptible de tomber sur Rosa blanda, que, malgré son surnom de « rose de cochon », il ne faudrait surtout pas sous-estimer. On devrait les cueillir de préférence après un premier gel, ce qui a pour effet de les attendrir. Il faut impérativement éviter de récolter les baies sur des plants que l'on soupçonne d'être traités aux produits chimiques.

Quelle que soit la recette employée, tenez compte des points suivants :

  • juste avant la cuisson, préparer les baies en coupant les deux extrémités avec des ciseaux;

  • comme les baies sont acides, il vaut mieux utiliser des ustensiles et casseroles en bois, acier inoxydable ou pyrex pour éviter qu'elles ne noircissent au contact d'un métal oxydable;

  • cuire rapidement en couvrant afin de limiter la perte de vitamine C;

  • filtrer à travers un fin tamis pour éliminer les graines et leurs poils, qui sont irritants.

On peut en faire de la bière, du vin, de la gelée ou des confitures. Les Suédois en font une soupe, qu'ils mangent chaude ou froide et qu'ils préparent en broyant les baies et en les faisant bouillir une dizaine de minutes. Passer, remettre sur le feu, amener à ébullition et épaissir avec 4 cuillères à soupe de fécule de pomme de terre ou de farine diluée dans 2 tasses d'eau froide.



Très riche en vitamine C - toutes proportions gardées, la baie serait 20 fois plus riche en cette vitamine que l'orange - on l'a employée pour combattre les infections, la grippe tout particulièrement. On raconte que durant la deuxième grande guerre, les Anglais et les Scandinaves étaient entièrement privés d'agrumes et qu'ils comptaient exclusivement sur la confiture de baies d'églantier comme source de vitamine C.

Probablement pour les mêmes raisons, le cynorrhodon a servi à soigner la lassitude et l'asthénie. On le prenait à raison de 2 cuillères à soupe de pulpe séchée et réduite en morceaux, que l'on faisait infuser dans un litre d'eau froide (ou 2 à 5 g par tasse d'eau), amenait à ébullition, filtrait et buvait. On l'a également employé comme astringent pour combattre la diarrhée, la dysenterie, la leucorrhée et les hémorragies.

En Chine, où les emplois médicinaux de la rose sont attestés depuis près de 30 siècles, les baies d'une variété locale sont employées contre les dysfonctions de l'appareil urinaire et, à cause de leur astringence, contre la diarrhée chronique.

Préparées en sirop, on les a beaucoup employées pour donner une saveur agréable à ces potions médicinales que, de tout temps, les enfants se sont attachés à recracher systématiquement, au mépris de tout bon sens. Les pilules de quinine, notamment, qui étaient extrêmement amères et qu'on enrobait d'une « confection de roses canines » préparée à raison d'une partie de pulpe pour deux parties de sucre que l'on triturait ensemble jusqu'à obtention d'une pâte uniforme.

Les « graines » et leurs poils sont réputés être diurétiques. Il faut s'assurer de bien passer la tisane avant de la prendre.



Une des meilleures manières de conserver aux baies toute leur richesse en vitamine C, c'est de préparer une purée crue. On prélève la chair en éliminant les graines et leurs poils et on la passe tout simplement au mélangeur. On peut ajouter cette purée aux céréales du matin ou à de la compote. Mais il faut la consommer dans les plus brefs délais car elle ne se conserve pas.

Les fleurs ont surtout servi en cosmétique. Grâce à leurs propriétés astringentes, elles sont censées resserrer les pores de la peau et en raffermir le grain. On les a également employées comme laxatif doux et comme cicatrisant dans les aphtes, les plaies fongueuses et l'inflammation des paupières.

Le « bédégar », une galle provoquée sur les feuilles de l'églantier par un insecte, était jadis employé comme vermifuge, diurétique et lithotriptique mais, plus tard, on s'en est servi exclusivement comme astringent.

177 commentaires

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Invité
il y a 20 heures

Nói về cái chủ đề trang chủ với cách họ trình bày thông tin ấy, mình thấy cũng dễ theo dõi chứ không bị rối. https://bu88.bond/ mình ghé qua kiểu xem nhanh cho biết thôi, chủ yếu coi bố cục họ sắp xếp ra sao. Cảm giác chung là trang thoáng, mấy phần nội dung chia thành từng khối rõ ràng nên lướt mắt là hiểu đang nói gì. Mình để ý tốc độ tải ổn, chuyển qua lại vài mục vẫn mượt, không bị khựng khó chịu. Có vài đoạn họ ghi thông tin theo dạng hộp nên đọc nhanh nắm ý được liền, không phải kéo mỏi tay. Nói thật mình ngại mấy trang nhảy pop-up lung tung,…

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Hayden Tran
il y a 2 jours

Bài viết này có chất thơ riêng, không cần nói quá nhiều mà vẫn để lại hình ảnh trong đầu. Mình thích cách chi tiết nhỏ được đặt cạnh cảm xúc lớn, khiến đoạn văn vừa gần gũi vừa hơi khó nắm. Mình từng nghe nhắc keo nha cai 5 khi nói về Game bài đổi thưởng, nhưng chưa thực sự quan tâm, nên chỉ nhớ tên. Đọc xong, mình vẫn đang nghĩ về cái kết, hình như tác giả muốn để người đọc tự chọn cách hiểu.

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Owen Brooks
il y a 2 jours

Mình không biết rõ tên tiếng Pháp này là gì, nhưng bài viết làm nó gần gũi hơn nhờ cách nói về những thứ nhỏ nhặt có gai. Có đoạn khiến mình nhớ một buổi chiều ngồi đợi người quen, hai người chẳng nói gì nhiều, rồi tự nhiên ai đó nhắc tới Sun Win trong lúc bàn về game bài đổi thưởng, chỉ là cái tên thoáng qua, không đi vào chuyện. Giống như bài này, đôi khi một chi tiết chẳng cần giải thích vẫn tạo được dư vị. Mình thích cái cách tác giả để lại một khoảng lặng sau miêu tả, khiến người đọc tự thấy hình ảnh của riêng mình.

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Owen Santos
il y a 2 jours

Mình không nói được tiếng Pháp, nên khi đọc đoạn về Le cynorrhodon chủ yếu là bám theo hình ảnh và các từ ngữ mô tả trái cây, hoa. Càng đọc càng thấy cách viết gợi cảm giác mùi vị và mùa vụ rõ hơn là một bài giới thiệu khô khan. Tối qua ngồi chờ nước sôi, mình vô tình nhớ có người nhắc ko66.tech khi nói về các trò chơi trên điện thoại, mình chỉ ừ rồi tập trung đọc tiếp. Sau bài này, điều đọng lại với mình là chi tiết về lớp gai quanh quả, mình thấy thú vị nhưng vẫn không chắc tên tiếng Việt chuẩn của nó là gì.

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Taylor Costa
il y a 2 jours

“Le cynorrhodon” immediately draws attention because the name itself is unfamiliar and sounds more like a subject to investigate than a simple object to recognize. I read the article with the expectation that it would explain what the term refers to and why it deserves attention. That kind of introduction is useful because a specialized name can make an otherwise ordinary subject feel distant, while a little context brings it closer to everyday experience. I also liked the contrast between the short title and the larger question it opens up. In a quiet moment between reading, ML88 came to mind as another name I have only heard mentioned, not something I have personal knowledge of. The thought I kept from the…

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