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Le Périgord en Sud-Charente : l'héritage oublié (partie 1)



Le Périgord Charentais : article et sources sur la partie de l'ancien Périgord dans le département de la Charente (16).

A ce jour, nous sommes les seuls à avoir recherché et monté un article sur les frontières de l'ancien Périgord et la partie du Périgord en Charente.

Argumentations détaillées de preuves via des sources sûres de livres tirés d'archives et des archives départementales, voir nationales, site internet communal et de livres d'historiens ou de mémoires.

Thèse sur cette portion du Périgord et sur ces anciennes frontières. les archives écrites étant les meilleures sources. Les meilleures cartes resteront celles des diocèses faites sur place et commandées pas les Évêchés de l'époque, pour une meilleure visibilité d'un territoire.

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👉 Par ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à avoir parlé de ces portions du Périgord en Charente. D'autres l'ont fait avant nous, comme la commune de Saint-Séverin, en Charente, dans sa gazette de février 1996, dont nous parlerons plus bas, ou encore Jean-Michel Ouvrard qui raconte l'historique du village de Saint-Séverin, en Sud-Charente : cliquer ici

Nous ne nions pas que le morceau de territoire de la Charente dont nous allons parler se trouve, depuis au moins le 17ème siècle jusqu'à nos jours, maintenant en Angoumois, mais qu'en était-il avant ?

Les recherches effectuées pour cet article ne doivent aucunement remettre en cause ou en doute le travail réalisé, tout au long de l'année, par les acteurs du tourisme en Charente qui fournissent une mise en lumière formidable du territoire.


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ATTENTION !!! Nous sommes presque les seuls à avoir fait les recherches sur la part du Périgord en Charente. Nous sommes la seule source complète en ligne prouvant l'existence du Périgord dans le département de la Charente, et plus précisément dans le Sud-Charente actuel, par nos nombreuses recherches en archives. Nous n'avons pas le monopole des archives et de l'histoire, mais par contre nous pouvons faire valoir nos droits quand à la seule existence de notre article sur le sujet. Si toutefois vous parlez du Périgord en Charente, d'une des villes ou village charentais faisant parti du Périgord (EX : Aubeterre-sur-Dronne), vous avez l'obligation de nous nommer comme source (nom de blog et lien de cet article du blog). Nous sommes le seul article complet et éxistent sur le sujet !!!


 

Si nous vous disions qu’une partie du département de la Charente se trouvait autrefois en Périgord, nous croiriez-vous ? Sans doute pas ! Les uns nous rigoleraient au nez tandis que d’autres s’insurgeraient. Et pourtant, au terme d’une enquête palpitante qui nous a plongés durant de longs mois au cœur des archives départementales et d’une multitude de documents tout aussi passionnants les uns que les autres, nous pouvons vous l’affirmer haut et fort : une grande partie du sud-Charente est l’héritière oubliée du Périgord. En-dessous de cet article, vous pourrez découvrir les recherches d'archives préparatoires à l'élaboration de cet ouvrage. Sans oublier qu'avec le temps, des frontières ont bougé à cause des guerres. D'ailleurs, le livre "Histoire des diocèses du Périgord et des Evêques de Périgueux et Sarlat", de Guy Penaud parle bien des diocèses DU Périgord. Nous verrons plus tard que le diocèse de Périgueux comprenait 2 archiprêtrés aujourd'hui en Charente.



 

I – Les textes plaçant le sud-Charente en Périgord


Pour commencer penchons-nous sur les écrits, bien que tout historiens qui se respectent vous dirons qu’il faut toujours se méfier des textes ils sont pourtant une source importante. En effet, des documents historiques à quelques romans, bon nombre d’entre eux placent le sud-Charente dans le Périgord.

Mais avant, revenons d’abord rapidement sur l’origine du mot Périgord. Celui-ci remonte à la nuit des temps et à un petit peuple celte qui vivait à l’époque sur ces terres : les Pétrocores. Par ailleurs, des archives de Charente placent bien ces morceaux du territoire comme ayant appartenu aux Pétrocores.


Combiers, aujourd'hui commune de Charente, était autrefois dans l'archiprêtré de Goutz, au diocèse de Périgueux. Elle est la seule commune a être passée dans le département de la Charente. Le reste de cet archiprêtré se trouve aujourd'hui dans le département de la Dordogne.


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De l’époque romaine jusqu’à la révolution française la province eut alors le nom de Périgord. Cette province respectait le territoire des Pétrocores.

En 1790, à la création des départements, les frontières des anciennes provinces ne furent pas respectées. C’est pourquoi comme vous pouvez le lire souvent, comme sur le site de l’office du tourisme de Sarlat ‘’Aujourd’hui, Périgord et Dordogne sont synonymes et désignent approximativement le même territoire’’.


Deux mots sont importants dans cette phrase : tout d’abord ‘’approximativement’’, car en effet le Périgord s’étend légèrement au-delà du département de la Dordogne. Comme il est noté dans le bulletin de la Société charentaise des études locales ‘’L’Assemblée nationale constituante forma avec l’Angoumois, une partie de la Saintonge, de la Marche, du Limousin, du Poitou et du Périgord, le département de la Charente’’.



L’autre terme important est ‘’aujourd’hui’’, car en effet, hier le mot Périgord n’était pas synonyme de la Dordogne. Dans leur ouvrage Regards sur le tourisme en Périgord au milieu des années 1980, aux éditions Persée, dans la revue des Pyrénées et du Sud-Ouest tome 57, Regis Delbru et Michel Genty expliquent qu’au milieu des années 1950, c’est à la suite d’une immense campagne publicitaire servant à promouvoir le tourisme en Dordogne, déjà dans le vent avec des sites comme Lascaux, que l’utilisation du Périgord pour désigner le département fut de nouveau utilisé.


Revue : voir ici



 

Remontons un peu le temps et arrêtons-nous sur l’Étude historique sur l’Angoumois publié en 1835 de François Marvaud. Dans celle-ci l’auteur nous parle du duc d’Anjou, qui n’est autre que le futur Henri III, qui au lendemain de la bataille de Moncontour en octobre 1569 dit de celui-ci qu’il ‘’gagna le Périgord, et passa par Aubeterre’’. La place forte d’Aubeterre est ainsi placée dans le Périgord. De même que dans un Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux : ‘’La capitale du Haut ou du Blanc Périgord et tout le pays était Périgueux, et ses autres ville les plus importantes, Bergerac, Limeuil, Aubeterre.’’



 

Aubeterre n’est pas le seul lieu charentais placé ainsi dans le Périgord. Un petit village au nom pittoresque de Montignac-le-Coq est lui aussi placé dans le Périgord dans le Recueil des actes de la commission des arts et monuments de la Charente-Inférieur, ainsi nous pouvons y lire : ‘’Le 26 décembre 1566, Arnault, Digeau, dit, Naudin, marchand à Montignac-le-Coq en Périgord’’.




Il en va de même pour le village de Villebois et de son magnifique château, dans ses Chroniques, Jean Froissart écrit ‘’Par divers actes datés de Paris au mois de juillet de cette année (), Charles V avait donné à Raymond de Mareuil, chevalier, les châteaux de Villebois en Périgord et de Courtenay.





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Dans les textes et autres ouvrages plaçant le sud-Charente en Périgord nous ne pouvions passer à côté de l’excellent travail de Léon Dessalles et de son Histoire du Périgord, disponible en deux volumes aux Éditions des régionalismes. Dès la première page il se pose la question de l’étendue du Périgord et afin d’y répondre il s’est penché sur les cartes anciennes des archiprêtrés et en conclu qu’il ‘’demeure donc démontré, par les faits, que la partie de l’ancien Périgord, correspondant à l’évêché de Périgueux, comprenait deux archiprêtrés que l’Angoumois avait fini par s’approprier’’.

Histoire du Périgord, Léon Dessalles (1803-1878)

(Livre utilisé par le département de la Dordogne et promu)


Ces deux archiprêtrés sont ceux de Pillac et de Peyrat et qui correspondent parfaitement au morceau du bassin de la rivière dordogne dans cette partie du département de la Charente, autrefois occupé par les Pétrocores.


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En fouinant sur le net, nous avons été sur le site officiel de la ville de Saint-Séverin, en Charente. Une phrase nous donne encore un élément de plus qui confirme que nous étions en Périgord :

"Dans les brumes du Moyen-Age, la terre de Saint-Séverin est un fief d’AUBETERRE, et comme elle, rattachée au Périgord." (cf)


👇D'ailleurs, sur le site internet de la commune de Saint-Séverin, aujourd'hui en Charente, nous pouvons trouver une gazette qui date de février 1996 et qui explique bien que nous étions en Périgord et en territoire Pétrocores.

Découvrir la gazette ici : BIS-98-fevrier1996.pdf (saintseverin.fr)


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Découvrez dans cette source, la liste des Abbés qui ont gouverné les anciennes abbayes de la province du Périgord. En premier, vous trouverez les Abbés d'Aubeterre, au diocèse de Périgueux.

Ceux qui nous parleront le plus, sont le numéro 11 : Hélie de la Tude (1308)(p260) et le numéro 22 : Guy Bouchard, évêque de Périgueux (p261)


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Les chroniques de Jean Tarde, Chanoine Théologal et vicaire général de Sarlat, placent bien Aubeterre en Périgord.


p186 (cf)


p246 (cf)

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Page 743 (cf)

Page 733 (cf)

Page 735 (cf)


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Par ailleurs, des archives de Charente parlent des Hommes Célèbres de l'église d'Angoulême, dont un qui se nomme "Aimoin". La phrase qui parle de lui est assez révélatrice :

"Moine, qui a écrit l'histoire intitulée : De Gestis Francorum. Il était de la famille des seigneurs d'Aubeterre. Il est nommé Monachus Petragoricensis. Aubeterre était autrefois en Périgord ; il florissait vers 990 et était contemporain d'Adémar." (cf)


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👇 source, P


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Dans les mémoires de Jacques de Saulx, Il parle d'Aubeterre. Il y a d'ailleurs une annotation numérotée "3". La description est révélatrice !


source

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Dans le bulletin trimestriel / Centre international d'études romanes, 1er janvier 1971, Aubeterre est bien placée en Périgord :

Page 4 (cf)

Page 4 (cf)

Page 19 (cf)


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II – Les cartes


Lorsque l’on recherche des cartes du Périgord sur internet ou ailleurs, ce sont des cartes du département de la Dordogne qui ressortent. Mais en creusant un peu dans les cartes anciennes, c’est un tout autre Périgord qui s’ouvre sous nos yeux.


La première carte du Périgord (écrit Périgort), datée de 1663, Petrocorium comitatus vulgo la comtée du Périgord est sans équivoque, Aubeterre est en Périgord. Mais bien souvent, ces cartes faites à Paris ou étant des commandes sont plus ou moins justes. En démontre une autre carte du Périgord datée de 1650 excluant la place d’Aubeterre de la province.


Sur cette carte, nous voyons les archiprêtrés de Pilhac et Peyrat, qui sont aujourd'hui dans le département de la Charente. Lisez bien sur la carte, il est noté qu'on parle des archiprêtrés DU Périgord.


Alors, à quelle carte se fier ? Comme Léon Dessalles l’affirme, les plus précises sont celles faites par les évêchés. De même, dans les Annales. Économie, sociétés, civilisations. 20e année, N. 4, de 1965, Jacques Dubois parle de l’importance de se référer aux cartes des diocèses pour avoir les meilleures informations.


Mais avant de continuer et afin de comprendre pourquoi ces deux auteurs donnent tant d’importances aux cartes diocésaines, arrêtons-nous un instant sur quelques définitions. Un diocèse est selon la définition de l’académie française une circonscription ecclésiastique placée sous la direction d’un évêque, mais c’était aussi dans l’antiquité romaine, sous le règne de Dioclétien, une grande circonscription administrative.


Le regroupement de plusieurs diocèses forme une province ecclésiastique. Ces provinces ecclésiastiques ont un intérêt historique car de l’empire romain jusqu’au XIX (jusqu’au concordat de 1801 pour être exact), ces dernières sont restées fidèles aux zones administratives romaines, elles-mêmes respectueuses des peuples gaulois.



Par conséquent, nous avons regardés de plus près les cartes des diocèses de Périgueux et de Sarlat. Dans les archives départementales de Dordogne dormait une nouvelle preuve affirmant le passé périgourdin du sud-Charente, une carte des deux diocèses vers l’an 1317 permet d’observer les deux archiprêtrés de Pillac et de Peyrat et de dresser une liste des communes charentaises appartenant aux Périgord :

  • Dans l’archiprêtré de Pillac on retrouve les villes de :

    • Aubeterre

    • Montignac-le-coq

    • Rouffiac

    • Saint-Christophe-de-Tude ( aujourd'hui devenu Chalais, 16210 )

    • Saint-Hilaire

    • Saint-Quentin-de-Chalais

  • L’archiprêtré de Peyrat est quant à lui composé de :

    • Blonzaguet

    • Gurat

    • La Faye

    • Villebois-Lavalette

Cette liste, non exhaustives, est confirmée par d’autres cartes représentant le Périgord en 1556 puis en 1679.


III – Le cas de Chalais


Dans ses mémoires Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord déclarait ‘’À 4 ans, (…) la femme chez laquelle on m’avait mis en pension me laissa tomber de dessus une commode. Je me démis un pied : elle fut plusieurs mois sans le dire ; on s’en aperçut lorsqu’on vint me prendre pour m’envoyer en Périgord chez Mme de Chalais, ma grand-mère’’. Cette affirmation est partiellement fausse. Nous ne parlons pas de son accident de commode, sans doute inventé pour cacher une maladie héréditaire bien plus embarrassante. Celle-ci est totalement fausse.


Là où il a partiellement raison c’est en localisant Chalais dans le Périgord. Si le château et une partie de la ville de Chalais se trouve en Saintonge, une autre partie de Chalais se trouve en Périgord et cela est la conséquence de l’histoire de la construction de la cité.


Autrefois, le village de Chalais s’étendait autour du château et s’arrêtait au bord de la Tude. L’autre côté de la rivière était fait de prés marécageux s’étendant jusqu’au village de Saint-Christophe qui, lui, se trouvait en Périgord, dans l’archiprêtré de Pillac. Les seigneurs de Saint-Christophe vivant dans un château qui existe toujours aujourd’hui et qui fait face à celui de Chalais, le château de La Borie qui dépendait de la châtellenie d’Aubeterre et dépendaient de la sénéchaussée du Périgord comme en atteste le Ban et Arrière-Ban de la sénéchaussée de Périgord en 1557 au paragraphe 53 :

Le seigneur de La Borie, se disent exempts (du service de contribution au dit ban et arrière-ban) en vertu du privilège octroyé par le roy aux habitants de la ville de Périgueux, en laquelle ils sont habitants.


Quatre siècles plus tard, en 1946 le village de Saint-Christophe fusionnait avec la ville de Chalais. Ainsi si vous déambulez dans les rues paisibles de Chalais, vous pouvez passer de l’ancienne province de la Saintonge à l’ancienne province du Périgord en franchissant cette petite rivière de la Tude, qui servait de frontière naturelle entre les deux de Saint-Cybard jusqu’à la petite ville de Chalais, qui laissa grâce à sa grand-mère le souvenir le plus doux au diable boiteux.


Dorénavant, lorsque vous voulez visiter la belle région périgourdine, n’oubliez pas de vous arrêter dans le sud de la Charente afin de découvrir les trésors cachés qui vous attendent dans ce Périgord oublié.


 
 

RECHERCHES D'ARCHIVES PREPARATOIRES

de mars 2020 à février 2021

de juillet 2021 à septembre 2021


Partons pour une enquête des plus inattendue, cette fois, de nature historique et toujours d'actualité, dont certains faits sont effacés au profit de d'autres. Mais si on vous disait que la Charente faisait aussi partie du Périgord, vous nous croiriez ? Et bien pourtant, la Charente est bien l'héritière légitime des morceaux de cette ancienne province qui n'existe plus. Seules les frontières départementales entre la Charente et la Dordogne sont attestées dans les esprits de tous. Pourtant l'appellation Périgord a, aujourd'hui, bien disparu sur ce morceau de la Charente.

Mais alors, qu'est-ce que vraiment le Périgord et qu'elles sont les véritables frontières du Périgord ?

Ici, nous allons nous intéresser à la véritable frontière du Périgord entre la Charente et la Dordogne.


Quand on tape sur Google "Périgord", nous trouvons tout un tas de cartes, comme celle ci-dessous, vous montrant le Périgord que dans l'actuel département de la Dordogne. Alors, certes, la plus grosse partie du Périgord se trouve dans la Dordogne actuelle, mais trouver la partie charentaise devient plus compliqué.

carte : Caruso24


Nous débutons alors nos investigations qui allaient porter leurs fruits. Et pour cela, nous allons commencer par identifier des cartes. mais attention, beaucoup de cartes trouvées sur le net, sont trop approximatives. C'est pour cela, que nous ferons aussi les recherches dans les écrits des archives.


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( la toute 1ère carte du comté du Périgord, avec la partie Charentaise, délimitée aujourd'hui par la Dronne et la Lizonne)


Une carte avait été faite avant, en 1650 (découvrir ici). Mais sur celle-ci, nous pouvons voir que la partie charentaise de nos jours, n'y est pas. Elle avait dû être oubliée, car en 1663, soit 13 ans plus tard, une autre carte fut éditée, cette fois, avec la partie Charentaise ( voir carte et agrandissement juste au-dessus ).

ceci nous fait poser la question des erreurs sur les cartes et de nous aider des écrits e archives pour trouver les preuves du Périgord en Charente, car les archiprêtrés de Pilhac et Peyrat étaient bien attestés.


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source : Wikipédia


Cette partie de la Charente dans le Périgord, oublié de nos jours, se trouve dans le bassin versant de la Dordogne.

En regardant bien, la partie vert clair du bassin de la rivière Dordogne dans le département de la Charente correspond parfaitement à ce qui sera les archiprêtrés de Pilhac (Pillac) et Peyrat du diocèse de Périgueux en Périgord. Le bassin de la Dronne faisant parti du bassin de la Dordogne. La rivière de la Tude se trouve être une frontière à ce bassin. Nous verrons plus tard que cette partie du bassin se trouvait aussi dans le territoire des Pétrocores.


Le bassin de la Dordogne est un bassin versant situé en France, qui comprend le système hydrologique de son principal cours d'eau, la Dordogne. (cf)


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Des archives du départements de la Charente démontrent que les territoires qui furent les archiprêtrés de Pillac et de Peyrat faisaient parti du territoire Pétrocores, le peuple gaulois qui donnera son nom au Périgord.


👇 Vous pouvez consulter le document ici 👇



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Nous avons appris que le mieux, pour se référer à une carte était de consulter les cartes des diocèses, bien plus complètes et fidèles aux véritables frontières des provinces, car les cartes faites sur Paris par des géographes tronquaient maladroitement certaines portions des territoires et avaient, auprès des historiens, la fâcheuse tendance à créer des problèmes historiques. Les cartes des diocèses avaient été conçues dans le but d'archives personnelles de l'Evêque qui gouverne son diocèse. Par ailleurs, les historiens consultent le plus souvent les cartes dites locales parce qu'elles fournissent de meilleures informations afin de retracer l'histoire et les frontières d'une province, d'une ville, d'un château ou d'une fortification, comme ça a été le cas pour les anciens remparts de Paris sous Philippe Auguste.


D'ailleurs, dans les "Annales. Economies, sociétés, civilisations. 20ᵉ année, N. 4, de 1965", pages 680 à 691, Jacques Dubois explique, dans la section "Histoire et cartographie", l'importance de se référer aux cartes des diocèses pour avoir les meilleures informations afin de retracer l'histoire. Par conséquent, seules les cartes des diocèses fournissent des sources fiables.

Comme dit dans le document : "Connaître la composition des diocèses évite les erreurs d'identification".


👇 Vous pouvez consulter le document ici 👇



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Et nous pouvons vous garantir que les résultats obtenus sont au-delà de ce que nous pensions. Nous étions dans une véritable chasse au trésor portant le nom de "Périgord" ; un nom, un titre connu dans le monde entier, avec un terroir unique, qui exprime un sentiment de grandeur royale, d'espace sauvage, de châteaux et d'édifices religieux uniques.


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« Le département de la Dordogne, à la différence de beaucoup d’autres, recoupe pour l’essentiel ce qui avant 1789 correspondait à une vieille province, le Périgord. Aujourd’hui encore, dans l’esprit de beaucoup d’habitants, voire de Français et d’étrangers, les termes évoquent la même réalité géo-historique. À y regarder de plus près, on peut remarquer quelques différences. Le Périgord regroupait deux diocèses, celui de Périgueux et de celui de Sarlat. La séparation entre les deux coïncidait avec une ligne naturelle correspondant aux cours de la Vézère et de la Dordogne. Le nouveau département, et donc le nouveau diocèse de Périgueux, intégra, au nord, le Nontronnais et à l’est une petite région autour de Lanouaille ; au total, une trentaine de paroisses furent ainsi prises sur l’ancien diocèse de Limoges. Ces deux ensembles, en particulier le premier, faisaient néanmoins partie de la province du Périgord traditionnel. Au sud-est de l’ancien diocèse de Sarlat, une vingtaine de paroisses furent prélevées sur celui de Cahors (autour de Carlux) et, plus au sud, quatre paroisses sur le diocèse d’Agen. À l’inverse, une trentaine de paroisses situées à l’ouest de l’ancien diocèse de Périgueux passèrent dans le département de la Charente et au sud une vingtaine de celui de Sarlat dans le département du Lot-et-Garonne. Les pertes et les gains se trouvaient ainsi équilibrés et, dans sa forme globale, le nouveau département de la Dordogne reste très proche de l’ancienne province du Périgord. »


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Une véritable carte du Périgord, tel que les frontières étaient. Le Périgord était géré par deux diocèses : Périgueux et Sarlat


Les diocèses de Périgueux et Sarlat depuis le XIVème siècle, vers l'an 1317

datation carte : 1972

juste en dessous, les agrandissements des Archiprêtrés de Pilhac (Pillac) et Peyrat, du diocèse de Périgueux de l'ancienne province du Périgord, qui aujourd'hui sont dans le département de la Charente.


Les diocèses de Périgueux et Sarlat depuis le XIVème siècle, vers l'an 1317

datation carte : 1972


« Le diocèse de Périgueux était le plus ancien et son territoire correspondait à l’origine à celui de la cité gauloise des Pétrocores. Si Saint-Front, le « premier évêque » qui aurait vécu entre la fin du Ier siècle et le début du IIème siècle, est un personnage en partie légendaire, la liste des évêques peut être établie à partir du IIIe siècle et surtout du début du VIe siècle. En 1317-1318, Jean XXII, natif de Cahors et premier pape d’Avignon, se lança dans un vaste redécoupage des diocèses du sud de la France et c’est ainsi que fut créé le diocèse de Sarlat. Près de 250 paroisses du sud et du sud-est du Périgord furent prélevées sur celui de Périgueux soit plus du tiers du total périgourdin.


Les collégiales du diocèse de Périgueux

Le diocèse de Périgueux compte cinq collégiales en 1790 : Aubeterre (aujourd’hui en Charente), Hautefort, La Rochebeaucourt, Ribérac et Saint-Astier. Mise à part cette dernière, les recherches n’ont apporté aucun document sur leur vie musicale en 1790 ou durant les décennies précédentes.


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Évêques et société en Périgord du Xe au milieu du XIIe siècle

Annales du Midi : Muriel Laharie


( page 356 et 354 )

« Le champ d'action de l'évêque de Périgueux, son diocèse, était assez vaste puisqu'il correspondait à peu près à l'actuel département de la Dordogne. Comme le montre la carte ci-jointe, il en débordait quelque peu au sud et au nord-ouest et, en revanche, cédait des paroisses périgourdines au nord et à l'est aux diocèses de Limoges et Cahors. C'était l'antique civitas petragoricensis où l'évêque résidait à la Cité, dans le palais épiscopal jouxtant la cathédrale Saint-Etienne. Cet évêché fut progressivement divisé en vingt-deux archiprêtrés qui se répartissaient sur l'ensemble du territoire. On peut estimer que dès le début du XIIe siècle, cette organisation était à peu prés complète, même si le nom des archiprêtrés devaient changer, dans certains cas, par la suite, notamment lors de la scission de 1317 en deux évêchés ( Périgueux et Sarlat ).


( page 360, 361 et 363 )

« Les évêques de Périgueux ont eux-mêmes donné naissance à certaines communautés. C'est ainsi que Raoul de Couhé a fondé le chapitre de Saint-Astier au début du XIè siècle (l'ancienne église avait été détruite par les Normands), Guillaume Ier de Montbron probablement celui de Châtres, et Renaud de Thiviers le chapitre de Saint-Jean-de-Côle (1086) ainsi que la communauté d'Aubeterre, Ils ont, par ailleurs, aidé au développement de l'abbaye d'Uzerche, proche du Périgord : Géraud de Gourdon assista à la dédicace de son église en 1048, et Renaud de Thiviers la consacra le 22 janvier 1098 avec Guillaume, évêque de Limoges.

Sur la carte ci-dessus, nous voyons que Saint-Cybard, aujourd'hui en Charente, se trouve dans le Périgord.


« La commune de Blanzaguet-Saint-Cybard est traversée du nord au sud par le Voultron, qui se jette dans la Lizonne, qui arrose le sud de la commune. La Lizonne est un affluent de la Dronne. La commune est dans le bassin versant de la Dordogne comme une partie du Sud-Charente. (cf)


Tout ceci correspond bien à a carte hydrographique vue plus haut.


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par François Marvaud (1835)


( pages 285 et 286 )

En partant d'Angoulême , le Duc d'Anjou gagna le Périgord, et passa par Aubeterre. Comme cette ville était occupée par une faible garnison protestante , il la fit battre pendant quelques jours par son artillerie, et s'en rendit maître par composition.


( pages 301 et 302 )

L'année suivante , Henri IV laissa son armée dans l'Angoumois, jusqu'à la bataille de Coutras, après laquelle il donna rendez-vous à ses capitaines sur les confins de cette province et de celle du Périgord, pour se préparer à courir à de nouveaux dangers. La veille de la bataille de Coutras , l'armée du Duc De Joyeuse campait à Chalais , Calescum, vieille terre seigneuriale qui, des mains des anciens Comtes d'Angoulême avait passé dans celles dune famille illustre du Périgord. Ce fut là que les catholiques décidèrent de n'épargner personne dans le combat , pas même Henri IV, si l'on s'emparait de sa personne. De son côté, le Prince de Condé avait réuni une armée dans l'Angoumois, et avait pris position à Montmoreau , en attendant les ordres du Roi de Navarre.


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Après de très nombreuses recherches, nous pouvons prouver que le "Périgord" n'est pas que l'actuelle Dordogne, mais aussi la Charente, et que c'est un ancien nom provincial qui a été développé et exploité par le département de la Dordogne dans les années 50, afin de promouvoir le tourisme. De nouvelles cartes et récits, ont été façonnés avec le temps, et par conséquent certains morceaux du Périgord ont été oubliés des nouvelles générations par de multiples successions d'infos touristiques en masse.

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Regards sur le tourisme en Périgord au milieu des années 1980

par Régis Delbru et Michel Genty


( page 542)

« Avant la dernière guerre, venus surtout par le train découvrir quelques grottes, les visiteurs étaient peu nombreux. A partir de 1950, diverses formes de publicité suscitèrent un premier intérêt pour la région : c'est l'époque où l'on commença à visiter la grotte de Lascaux, où fut lancé le festival de Sarlat (1952), où Joséphine Baker s'installa au château des Milandes; bien entendu, la motorisation progressive des Français rendit alors possibles leur venue et leur pénétration en profondeur du pays. A la fin des années 1950, le Périgord était devenu une région à la mode. Depuis une vingtaine d'années, divers acteurs publics ou privés n'ont cessé de « promouvoir » le tourisme. En 1959, émanation du Conseil général, l'Office départemental du Tourisme est créé : depuis son installation, en 1962, au centre de Périgueux, cet établissement, régi par la loi de 1901, multiplie les campagnes publicitaires en France et à l'étranger pour développer en Dordogne un tourisme culturel. Dans le même immeuble, un autre organisme juridiquement séparé, la Régie départementale du tourisme s'efforce de réaliser des équipements ou de les faire réaliser; elle entretient et exploite des monuments et des sites appartenant au département; elle verse des subventions pour la réalisation de gîtes ruraux, de campings, de piscines, de plages et s'exerce à l'animation. »


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En 1992, l'Union européenne a compris le problème des producteurs et a décidé de mettre en place l'Indication Géographique Protégé. Pour être reconnu IGP et apposer le terme Périgord sur les produits, il faut obligatoirement produire dans le territoire historique du Périgord, soit la Dordogne et quelques communes des cantons limitrophes. L'objectif est de garantir l'authenticité du terroir. Sur ces terres où poussent également des truffes d'exception, les traditions se sont transmises de génération en génération et les producteurs ont tenu à préserver le caractère artisanal. À travers ses exigences, l'IGP protège également cet héritage culturel.

Au risque de faire grincer des dents, les preuves en attestent la vérité de ce que nous avançons par des cartes et surtout des écrits trouvés en archives.


vue sur le Périgord Charentais


On ne peut pas qualifier de "Périgord", ancienne province existante depuis la Gaule antique, un département et ses limites créé après la révolution par un redécoupage administratif. C'est complètement absurde. Le Périgord ne s'est jamais arrêté aux frontières actuelles du département de la Dordogne.


 

« Le département de la Dordogne est souvent appelé par son ancien nom : le Périgord. Ce nom date de l’époque romaine et représentait l’ancienne province qui précéda le département. Il désignait un comté attaché au duché de Guyenne avec un territoire légèrement plus vaste que la Dordogne actuelle. Lors de la création des départements à la Révolution Française, le département de la Dordogne est dénommé ainsi grâce au nom du principal cours d’eau qui le traverse.

Aujourd’hui, le Périgord et la Dordogne sont synonymes et désignent approximativement le même territoire. » (Source : CF)


(Approximativement ne veut pas dire que le Périgord s'arrête aux portes de la Dordogne, mais s’étend bel et bien au-delà.)


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carte de la Dordogne


carte du Périgord vert


En regardant cette carte, nous voyons que le Périgord vert n'est placé que en Dordogne, ce qui est complétement faux, car la Charente possède une partie du Périgord vert. Mais alors, quelles sont les parties Charentaises du Périgord et quelles sont les vraies frontières du Périgord en Charente ?


Commençons par Wikipédia :

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789. Il a été formé autour de l'Angoumois et de son ancienne capitale, Angoulême, qui a été choisie pour être le chef-lieu d'un département qui intégra à l'ouest le Cognaçais (des limites de l'actuelle Charente-Maritime jusqu'à Bassac) et le Sud-Charente avec Barbezieux-Saint-Hilaire, qui faisaient partie de la Saintonge, et à l'est les terres limousines du Confolentais, ainsi que quelques communes du Poitou au nord et du Périgord au sud(1).


(1) Jean Combes (dir.) et Michel Luc (dir.), La Charente de la Préhistoire à nos jours (ouvrage collectif), St-Jean-d'Y, Imprimerie Bordessoules, coll. « L'histoire par les documents », 1986, 429 p.(ISBN2-903504-21-0, notice BnFnoFRBNF34901024, présentation en ligne [archive])

 

Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1925-04.


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( page 115 )

« Ce petit peuple, qui était probablement allié dans l'antiquité la plus reculée aux Pétrocoriens, dont il se sépare en partie à une époque inconnue, devait être limité, dans la Dordogne, au nord par la Lisonne, au midi par la Dronne et au sud-est par le pays de la Tour-Blanche, ancien enclave de l'Angoumois. La portion du département de la Charente comprise entre Aubeterre et Charras en dépendait et suivait, de notre côté, la ligne tracée par les localités suivantes : Pillac, Bors, Juignac, Ronsenac, Magnac-Là Valette, Rougnaç et Mainzac qui forment encore de nos jours la limite exacte des dialectes de l'Angoumois et du Périgord. »


Les Pétrocores

« C’ est le premier peuple attesté par l’Histoire de notre région et qui a donné son nom à sa capitale actuelle Périgueux et au Périgord, mais aussi à de nombreux toponymes géographiques de notre région. Notre géographie parle gaulois.

De nombreux toponymes liés essentiellement aux rivières ou à la géographie de notre actuel département sont en dialecte gaulois des Pétrocores. Les rivières qui se terminent par le suffixe gaulois onna (en gaulois = udna qui a donné onde en latin...) ont gardé leur nom gaulois ( Rizonne, Nizonne, Lizonne, Beauronne, etc.) » (cf)


Notons que la Viveronne, rivière qui coule en Charente et qui se jette dans la Tude, est une rivière frontière entre la Saintonge et le Périgord, à Chalais. Mais nous verrons ça plus bas. La Viveronne porte elle aussi le suffixe d'origine Pétrocore.


« La Viveronne est un ruisseau français du département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine), affluent de la Tude et sous-affluent de la Dordogne par la Dronne et l'Isle. » (cf)


La Vironne

à gauche : La Viveronne à Chalais ( pont de la D.20 )

à droite : La Viveronne entre Brie et Bardenac

photos : Wikipédia

 

Nous devons maintenant savoir comment la Charente fut construite pour devenir le département que nous connaissons aujourd'hui :


Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1935-07.


( page 155 )

EN 1790

« Par la loi du 22 décembre 1789, la Constituante divisait la France en départements, les départements en districts, cantons et communes.

Deux raisons justifiaient cette nouvelle division du pays.


1° Une raison sentimentale. Il importait de « détruire l'esprit de province qui n'est dans l'Etat qu'un esprit individuel, ennemi du véritable esprit national » (Thouret).


2° Une raison administrative. Il fallait « parvenir à distribuer la représentation avec égalité », et, pour cela, fixer l'étendue-des territoires qui devaient faciliter les consultations électorales. (Remarquons que presque toutes les autorités sont élues sous la première monarchie constitutionnelle). »



Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1923-04.


( page 134 )

LES ORIGINES

« LA RÉGION ANGOUMOISINE.— L'Angoumois était situé entre la Marche, le Limousin, le Périgord, la Saintonge et le Poitou. Il n'avait que vingt lieues de long sur quinze environ de large. Ce pays cessa, en vertu des lois du 26 février 1790 et du 4 mars de la même année, d'