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TITANIC : L'Eure-et-Loir et la Charente-Maritime unis dans un destin tragique


TITANIC : L'Eure-et-Loir et la Charente-Maritime unis dans un destin tragique

 

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Il y a 110 ans, dans la nuit froide de l’Atlantique nord, se jouait le plus grand drame de l’histoire maritime. Le plus beau et le plus raffiné de tous les bateaux jamais construit s’était élancé quelques jours plus tôt pour son voyage inaugurale entre l’Europe et l’Amérique avec à son bord 1324 passagers et 889 membres d’équipage.

En sombrant tragiquement, il emportait avec lui environ 1500 personnes au fond de l’océan et faisait entrer son histoire et son nom dans la légende : Le Titanic.


Plan du Titanic


Au cœur de ce récit et des milliers de vies qui prirent part au destin tragique du RMS Titanic, il se trouvaient deux amis, l’un venu de Saint-Jean-d’Angely en Charente-Maritime et le second était originaire d’Anet dans l’Eure-et-Loir.


C’est leur histoire qu’aujourd’hui nous souhaitons vous raconter ...


Né dans la petite ville d'Anet (Eure-et-Loir) le 6 août 1866, Albert Denis Pierre Mallet est le fils cadet de Louis Denis, médecin et de Clémentine Louise Trouvé.


La petite famille vivait aux pieds du merveilleux château d'Anet, offert par Henri II à sa belle favorite Diane de Poitiers, au 6 Place du château. Nous ne savons, à cet instant, que très peu de choses sur la jeunesse et le parcours d'Albert Mallet.


Château d'Anet - Eure & Loir (©Charente Périgord)


On retrouve les traces de la famille lors du décès de Louis Denis, survenu le 22 février 1895. À cette époque, Albert est un jeune pharmacien de 29 ans et officiait au numéro 5 de la place Blanche, face au mythique Moulin Rouge.

Comme vous pouvez le voir sur le Street View de Google Map, aujourd'hui, à ce même emplacement, c'est toujours une pharmacie.



La prochaine étape de sa vie le conduisit de l'autre côté de l'Atlantique, au Canada. En effet, une branche de la famille Mallet se trouvait à Montréal. Nous ignorons ce qui le pousse à entreprendre ces voyages, mais Albert Mallet effectua plusieurs allers-retours entre le Québec et la France avec, un passage obligé par Ellis Island une première fois en octobre 1903 et une seconde fois le 22 février 1908 après une traversée à bord du paquebot français La Lorraine.


Là-bas, il vivait dans une maison au 301, Prince Arthur Street, à Montréal et aurait été proche d'un de ses cousins, négociant en vins et spiritueux pour la société Laporte.

Lorsqu'il posa ses valises en 1908, il avait entrepris de vivre définitivement en France et avait lancé en 1907 la construction d'une belle demeure sur la commune de Guainville (Eure-et-Loir), à une dizaine de kilomètre d'Anet, près des ruines du vieux château qui, il y a fort longtemps, faisait face à celui d'Ivry-la-Bataille.


Mais la vie est faite d'imprévus ! Cet imprévu s'appelait Marie Antonie Magnin, elle était de 17 ans sa cadette et fut, nous en rêvons, un véritable coup de foudre qui les poussa à s'unir le 22 avril 1909. Naîtra de cette histoire d'amour un petit Andrew le 11 juin 1910.


Au début de l'année 1912, la jeune famille arriva en France pour passer quelques mois à Paris, auprès de Clémentine, qui dut alors découvrir auprès du petit garçon, les joies d'être grand-mère.


Avril 1912, c'est l'heure du départ ! Ils prirent le train gare "Saint Lazare" direction "Cherbourg". Et c'est en compagnie d'un jeune ami, Émile Richard, qu'ils firent le voyage.



Émile Philippe Richard naquit en Charente-Maritime, à Saint-Jean-d'Angely le 23 août 1888. Il grandit dans une famille de vignerons et négociants en vins ; son père Philippe Achille et son grand-père Philippe Richard étaient à la fin du XIXe siècle à la tête d’une distillerie de Cognac "Richard". Celle-ci continuera à se développer jusque dans les années 1910.



Le jeune Émile Richard poursuivit ses études primaires, mais s’arrêta avant l’obtention de son certificat d’étude élémentaire.

Sachant lire, écrire et compter, il avait les connaissances nécessaires pour travailler plus tard auprès de son père. Mais ce ne sera qu'après son service militaire.


Photo Coll Olivier Mendez de l’Association Française du Titanic

La majorité fixée à 21 ans en 1907, il devra attendre l’année 1909, le 6 octobre pour commencer son service militaire où il sera incorporé sous le matricule 973 au 6e régiment d’infanterie. Il est fort probable qu’il s’y montre très à l’aise et surtout doté de bonnes compétences car il devint caporal le 3 mars 1910 et obtiendra même le grade de sergent 28 septembre de la même année.


Après deux années de bons et loyaux services au sein de l’armée, Émile s’installera quelques temps à Paris. Afin de le féliciter et de le récompenser de ces deux années, ses parents, Philippe et Louise décidèrent de lui offrir quelques semaines de vacances au Canada.


Là, un doute subsiste sur les liens les unissant. Albert Mallet connaissait-il la famille Richard grâce à son cousin négociant en vins ? Ce sont-ils rencontrés lors du séjour parisien des Mallet ? Une chose est sûre, c’est ensemble qu’ils quittèrent Paris depuis la gare "Saint Lazare" pour rejoindre Cherbourg.


Véritables photos du train qui emmena les passagers vers le Titanic



Arrivé sur le port de la pointe normande, Émile Richard achètera son billet numéro 2133, sésame pour accéder au plus beau paquebot du monde pour 15£ (l’équivalent de 1100€ aujourd’hui).


Exemple de ticket de la White Star Line pour le Titanic


De leur côté, les Mallet revendirent leurs billets qu’ils avaient pour rentrer au Canada à bord du paquebot Le France, dont le voyage inaugurale était prévu pour le 20 avril afin de partir un peu plus tôt avec leur ami à bord du Titanic. Ils débourseront alors 37£, soit près de 3400€ pour une chambre en 2nd classe.

De son côté, le Titanic se fit attendre à cause d'une collision, évitée de peu, avec le City of New-York, un autre paquebot transatlantique, qui pourrait paraître aujourd'hui prémonitoire. Le RMS Titanic sera en retard d'une heure sur sa traversée de la Manche. En bon fils, Émile écrit une petite carte postale à sa mère :


Cherbourg, le 10 avril, 4h du soir

Chère Maman nous embarquons. Le Titanic est en rade. Je suis en très bonne santé et comme le temps est beau, sans doute bonne traversée.

Je vous embrasse tous bien fort, et toi encore plus si c’est possible.

Ton gosse affectueux

Milou.


 

Après quelques difficultés lors de l’embarquement, le Titanic quitta les côtes françaises à 20h30 pour une dernière escale en Irlande, le 11 avril, avant le grand départ en direction des Etats-Unis et la ville de New-York.


Un des grands salons du Titanic

Le voyage est sans nul doute des plus agréables. Comme de nombreuses personnes de seconde classe, ils doivent profiter des belles promenades, des repas servis dans les grandes salles à manger, ou encore de la bibliothèque mise à disposition des voyageurs. Nous nous imaginons dès lors de bons moments et de belles soirée en compagnie d’une autre famille française rencontrée lors du trajet reliant la capitale au port de Cherbourg : les Laroche.


« Nous avons voyagé depuis Paris avec un Monsieur et une Dame ainsi que leur petit garçon qui est de l’âge de Louise. Je crois que ce sont les seuls sur ce bateau qui soient français ainsi nous nous sommes mis à la même table. Et de cette façon nous pouvons causer ensemble. »

Extrait de la lettre de Juliette LAROCHE écrite à son père où elle décrit sa rencontre avec la famille MALLET


Véritables photos du Titanic colorisées


 

Le Titanic et l'iceberg qui causa le naufrage


Il était 23h40, le dimanche 14 avril, quand Frederick Fleet du haut de sa vigie distingua une masse de glace et donna 3 coups de cloche.


Photo du véritable iceberg qui coula le Titanic


Que faisaient ils lorsque le Titanic heurta l’iceberg ? Dormaient ils ? Ont-ils été réveillés par le choc ou le bruit grandissant dans les couloirs ? Nous n’en savons rien. Ce qui se passe entre le moment de la collision et le moment où le Titanic commence à sombrer est un mystère.


Sans doute à force d’acharnement, de sang-froid et avec beaucoup de chance, Albert parviendra à faire monter Marie Antonie et son fils, Andrew, à bord du canot n°10, situé à bâbord du navire vers la poupe, l’un des derniers canots standard à être mis à l’eau.



1h51, lundi 15 avril, la dernière fusée de détresse vient d'illuminer le ciel tandis que les lumières du joyaux de la White Star Line montrent alors leurs premiers signes de faiblesse, le canot numéro 10 à bord duquel venaient de prendre place Marie Antonie et Andrew commence sa lente descente, sous le regard d'Albert et certainement d'Emile qui devaient savoir que jamais ils ne se reverraient. Les Mallet étaient dorénavant séparés.


Et alors que le canot s'éloigne du Titanic, Marie Antonie pouvait apercevoir de là, la poupe et les immenses hélices hors de l'eau et dans le même temps la proue s'enfoncer dans les eaux froides de l'Atlantique nord.


Le Titanic sombre (image tirée du film de James Cameron)


La suite, nous la connaissons tous. Le paquebot continua à plonger lentement durant de très longues minutes. Vers 2h du matin, celui-ci se brisa en deux et entrainé par la première partie du navire, la poupe se dressa droit au dessus de la mer avant de s'engouffrer définitivement dans l'océan.


Le Titanic sombre et se brise en deux (image tirée du film de James Cameron)


A 2h20, il disparaitra à tout jamais dans les profondeurs et mettra une minute pour atteindre les abîmes de l'Atlantique, emportant avec lui plus de 1500 vies, dont nos deux amis, Albert Mallet et Émile Richard.



 

Eglise de Saint-Palais-sur-Mer © Charente Périgord


Aujourd'hui, deux plaques honorent leurs mémoires. L'une à Anet (Eure-et-Loir) sur un obélisque de béton, l'autre dans le mausolée de grès de Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime) où reposent les parents d'Émile Richard.


Cénotaphe en mémoire d'Emile Richard (Saint-Palais sur Mer - Charente-Maritime) © Charente Périgord


Tombe de la famille Richard © Charente Périgord


Photos à Saint-Palais-sur-Mer © Charente Périgord


 

Cénotaphe en mémoire d'Albert Mallet (cimetière d'Anet - Eure et Loir) (© Charente Périgord)


Marie Antonie Mallet, ne vécue jamais dans la maison voulue par Albert près du vieux château de Guainville (Eure-et-Loir). Elle se remaria et exerça le métier de sténographe. Elle rendit son dernier soupir en 1974, un an après la disparition de son fils Andrew.


 

Découvrez notre article dans le journal Actu Chartres


 


Cette enquête nous est venue au restaurant "Bellarosa" à Epernon, lorsque la chanson de Céline Dion "My heart will go on" passait à la radio et qu'une simple blague a été lancée à Laurent Rebours, journaliste à Actu Chartres, qui préparait avec nous un article sur Joséphine Baker.


Nous tenons aussi à remercier Nathalie Velin, propriétaire actuelle de la fameuse maison d'Albert Mallet au Vieux Château (Guainville - Eure-et-Loir), pour sa gentillesse et les compléments d'informations qu'elle nous a apportés.


 

ATTENTION !!! Nous sommes presque les seuls à avoir fait les recherches sur l'histoire du Titanic en Eure-et-Loir et en Charente-Maritime. Nous sommes la seule source complète en ligne prouvant d'un lien entre le Titanic et les département de l'Eure-et-Loir et de la Charente-Maritime par nos nombreuses recherches d'archives. Nous n'avons pas le monopole des archives et de l'histoire, mais par contre nous pouvons faire valoir nos droits quant à la seule existence de notre article sur le sujet. Si toutefois vous parlez du Titanic en Eure-et-Loir et en Charente-Maritime, vous avez l'obligation de nous nommer comme source (nom de blog et lien de cet article du blog). Nous sommes le seul article complet et existent sur le sujet !!!

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