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🌿 Les herbes mĂ©dicinales utilisĂ©es au Moyen Ăąge


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Les herbes médicinales trÚs utilisées au Moyen ùge.

La connaissance des effets thĂ©rapeutiques et des pouvoirs Ă©tranges des plantes remonte trĂšs probablement aux origines de l'humanitĂ©. Au Moyen Âge, l'univers vĂ©gĂ©tal, loin de fournir seulement des Ă©lĂ©ments indispensables Ă  l'alimentation des hommes et des animaux, est au centre d'un systĂšme relationnel complexe entre environnement et sociĂ©tĂ©. OmniprĂ©sente dans la vie quotidienne, divinatoires, consolatrices, protectrices, guĂ©risseuses, malĂ©fiques..., des centaines d'espĂšces alimentant un savoir empirique millĂ©naire ou des superstitions tenaces, entrent dans la composition d'onguents, de potions, de philtres... PharmacopĂ©e et magie s'entremĂȘlent inextricablement. La preuve par huit.

 

‱ Le Datura : Gare Ă  cette solanacĂ©e aux fleurs en forme de trompette, elle entre dans la composition d'onguents destinĂ©s Ă  provoquer des transes, des hallucinations et des sensations de lĂ©vitation (la scopolamine contenue dans cette plante toxique, comme on le sait aujourd’hui, fait perdre la volontĂ© et la mĂ©moire des faits postĂ©rieurs Ă  la prise) ! Également considĂ©rĂ© comme aphrodisiaque, la datura pourrait ĂȘtre Ă  l'origine des visions fantastiques grouillant de boucs et de dĂ©mons lubriques dont les procĂšs de sorcellerie font grand cas.( attention toxique et dangereuse. )

 

‱ Le Millepertuis : MentionnĂ© dans les Ă©crits de Dioscoride (un mĂ©decin grec des armĂ©es de NĂ©ron), Galien, Pline l'Ancien, Hippocrate et Parcelse, le millepertuis, alias "l'herbe de Saint-Jean" (la lĂ©gende voulant que cette simple soit nĂ©e du sang de Saint-Jean-Baptiste) est surtout utilisĂ© au Moyen Âge pour soulager les embarras digestifs, traiter les brĂ»lures, les problĂšmes urinaires, les douleurs menstruelles, l'anĂ©mie... Cueilli au matin de la Saint-Jean, au plus fort des influences solaires, il passe Ă©galement pour repousser l'esprit des tĂ©nĂšbres et guĂ©rir les possĂ©dĂ©s.( photosensibilisant , et a ne pas prendre sans avis mĂ©dical )

 

‱ La Sauge : Salvia (je sauve). Son nom latin en dit long sur le crĂ©dit dont elle jouit depuis les temps les plus reculĂ©s. Dans la pharmacopĂ©e mĂ©diĂ©vale, la sauge est la plante reine des convalescents. Elle combat les sueurs, le manque d'appĂ©tit, la dĂ©pression physique et morale... TrĂ©s en vogue Ă  l'École de Salerne (l'Ă©cole de mĂ©decine la plus importante du Moyen Âge) on dit de cette labiacĂ©e que "si son usage ne rend pas l'homme immortel, c'est qu'il n'y a point de remĂšde contre la mort".( dĂ©conseillĂ© aux femmes enceinte )

 

‱ La Mandragore : L'une des "armes" les plus redoutĂ©es de l'arsenal magique, Ă  manier avec d'infinies prĂ©cautions, comme la belladone. RĂ©putĂ©e croĂźtre au pied des gibets oĂč le sperme des pendus innocents la fĂ©conde, cette espĂšce de solanacĂ©e (dont la racine bifide, qui peut atteindre 60 cm de long Ă©voque par sa forme les jambes d'un corps humain) pousse un cri terrifiant quand on veut l'arracher et ceux qui cherchent Ă  s'en emparer son foudroyĂ©s ! MalgrĂ© son exĂ©crable image de marque, la mandragore met parfois ses pouvoirs au service du Bien et assure prospĂ©ritĂ© et fertilitĂ© et protection. À la Renaissance, ses alcaloĂŻdes seront utilisĂ©s comme anesthĂ©siques par Ambroise ParĂ©

 

‱ La Jusquiame : Une multitude de lĂ©gendes et de croyances s'attachent Ă  cette cousine velue, visqueuse, narcotique et calmante de la mystĂ©rieuse mandragore. "Ceux qui en mangent sortent hors du sens, pensent qu'on les fouette par tout le corps, bĂ©gayant de la voix, bramant comme des Ăąnes et hennissant ainsi que des chevaux", commente au XIe siĂšcle le mĂ©decin et philosophe perse Avicenne. MalĂ©fique, la jusquiame fait partie des plantes entrant dans la prĂ©paration des breuvages et pommades qui emmĂšnent les sorciĂšres au sabbat. Bien que dangereuse, les "chirurgiens" utilisent toutefois ses graines pour calmer les rages de dents.( attention , toxique !!!! a manier avec prudence )

 

‱ L'AngĂ©lique : BaptisĂ©e la "racine des anges" par le mĂ©decin suisse Paracelse (1493-1541), cette ombĂ©lifĂšre est parĂ©e de toutes les vertus : un cataplasme de ses fleurs fraĂźches bouillies ou macĂ©rĂ©es dans de l'huile, dit-on, neutralise les venins, sa poudre ingĂ©rĂ©e dans une boisson apaise les troubles de l'estomac, les diarrhĂ©es, les toux, les grippes et les rhumes.

 

‱ L'HellĂ©bore : "Ma commĂšre, il faut vous purger avec quatre grains d'hĂ©llĂ©bores", dit le liĂšvre Ă  l'insensĂ©e tortue qui prĂ©tend se mesurer Ă  lui dans la Fable de La Fontaine. QualifuĂ© de fĂ©tide en raison de l'odeur repoussante qu'elle dĂ©gage quand on la touche, l'hellĂ©bore, alias "herbe aux fous", passe pour soigner les dĂ©rangements cĂ©rĂ©braux. Cet usage perdurera jusqu'au XIXe siĂšcle.

 

‱ L'Armoise : Connue depuis l'AntiquitĂ© pour ses propriĂ©tĂ©s emmĂ©nagogues (facilitant les rĂ©gles), l'armoise, au Moyen Âge, a la rĂ©putation d'Ă©loigner les dangers qui menacent le pauvre monde. "Celui qui porte toujours sur lui de cette herbe ne craint point le mauvais esprit, ni le poison, ni le feu et rien ne peut lui nuire", Ă©crit au XIIIe siĂšcle la savant et thĂ©ologien Albert le Grand. Cette plante herbacĂ©e entre aussi dans la composition des philtres destinĂ©s Ă  "dĂ©nouer l'aiguillette", un malĂ©fice qui frappe d'impuissance les jeunes Ă©poux.


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