🗿 PĂ©rigueux : la vieille ville


PĂ©rigueux est une commune française, la plus peuplĂ©e du PĂ©rigord, situĂ©e dans le centre-est de la rĂ©gion Nouvelle-Aquitaine. Chef-lieu du dĂ©partement de la Dordogne depuis 1791, la commune compte 29 912 habitants en 2016, pour une aire urbaine totalisant plus de 103 000 habitants la mĂȘme annĂ©e. L'unitĂ© urbaine de PĂ©rigueux est la 96e unitĂ© urbaine la plus peuplĂ©e de France.

Labellisée « 4 fleurs », Périgueux est la capitale culturelle et touristique du Périgord blanc, dans la vallée de l'Isle. La ville offre aux touristes un patrimoine historique gallo-romain, médiéval et de la Renaissance. Reconnue ville d'art et d'histoire, Périgueux possÚde 44 monuments historiques inscrits ou classés, et trois musées labellisés Musées de France, dont deux municipaux. La ville conserve et met en valeur son riche patrimoine civil, militaire et religieux, dont sa cathédrale Saint-Front, classée au titre des monuments historiques ainsi qu'au patrimoine mondial de l'UNESCO.

La cité date du Ier siÚcle av. J.-C., pendant l'occupation romaine en Gaule : les Romains s'installent dans la plaine de l'Isle et créent la ville de Vesunna, à l'emplacement de l'actuel quartier sud. Celle-ci était la capitale romaine de la cité des Pétrocores. La ville de Périgueux naßt en 1240 de l'union de « la Cité » (l'antique Vesunna) et du « Puy-Saint-Front ». Depuis, elle reste le centre du Périgord, subdivision historique de l'Aquitaine, puis est la préfecture du département français de la Dordogne. Elle s'agrandit encore en 1813 avec l'ancienne commune de Saint-Martin.

En matiĂšre Ă©conomique, PĂ©rigueux, centre du principal bassin d'emploi du dĂ©partement, abrite le siĂšge social de plusieurs entreprises rĂ©gionales. La commune compte un employeur de quelque 700 salariĂ©s, les « ateliers du Toulon » de la SNCF. BĂ©nĂ©ficiant du tourisme pour son patrimoine, elle est de plus une Ă©tape gastronomique notable au cƓur du PĂ©rigord. DiffĂ©rentes festivitĂ©s culturelles et compĂ©titions sportives sont organisĂ©es afin d'animer la rĂ©gion.

Ses habitants sont appelés les Périgourdins, parfois les Pétrocoriens, nom tiré du peuple qui avait pour capitale Vesunna.

Nos photos :

Périgueux à l'antiquité :

Vers 200 av. J.-C., « les PĂ©trocoriens habitaient la rĂ©gion situĂ©e entre la Dordogne et la VĂ©zĂšre », selon Venceslas Kruta. Ils s'installent pendant cette pĂ©riode sur les hauteurs en rive gauche de l'Isle et crĂ©ent, sur l'actuel territoire de Coulounieix-Chamiers, un camp fortifiĂ© Ă  la BoissiĂšre, Ă©galement connu sous le nom de « camp de CĂ©sar Ă  la Curade ». Les PĂ©trocores Ă©taient en Gaule et non en Aquitaine, car avant la conquĂȘte romaine, ces deux territoires Ă©taient sĂ©parĂ©s par la riviĂšre Garumna, comme l'a Ă©crit Jules CĂ©sar.

En 52 av. J.-C., ils fournissent à Vercingétorix environ 5 000 guerriers, pour l'aider à affronter les légions romaines de Jules César.

En 27 av. J.-C., lors de l’organisation administrative de la Gaule effectuĂ©e par Auguste, PĂ©rigueux est placĂ©e dans la province aquitaine. Le camp de la BoissiĂšre est abandonnĂ© et la Vesunna gallo-romaine, future PĂ©rigueux, est crĂ©Ă©e entre 25 et 16 av. J.-C et dĂ©veloppĂ©e par les habitants romanisĂ©s, ayant conservĂ© leurs divinitĂ©s gauloises. Aux IIe et IIIe siĂšcles, cette citĂ© romaine prospĂšre et s'embellit avec temples, bains, amphithĂ©Ăątre, forum, etc. On attribue Ă  Vesunna 15 000 Ă  20 000 habitants. Celle-ci devint Ă  la fin du IIIe siĂšcle la capitale de la citĂ© des PĂ©trocores. À la fin du IIIe siĂšcle, Ă  la suite de l'invasion attribuĂ©e aux Alamans, la citĂ© romaine se rĂ©trĂ©cit sur cinq hectares et demi, en se retirant sur un petit plateau derriĂšre des remparts. IntĂ©grant la moitiĂ© nord-ouest de l'amphithĂ©Ăątre de Vesunna, ces murailles sont construites par remploi d'Ă©lĂ©ments des monuments de la ville (des vestiges subsistent de ces remparts) et cette troisiĂšme citĂ© prend le nom de Civitas Petrucoriorum (« citĂ© des PĂ©trocores »), lieu qui va devenir « la CitĂ© ».

Vésone est détruite vers l'an 410 par les barbares, favorisant l'apparition aux VIe et VIIe siÚcles du Puy-Saint-Front.

Nos photos :

PĂ©rigeux au Moyen-Age :

Au IXe siĂšcle, les Normands, remontant l'Isle, pillent Ă  plusieurs reprises la CitĂ©. Vers la fin du Xe siĂšcle, au nord-est et en bordure de l'Isle, autour d'un monastĂšre que l'Ă©vĂȘque Frotier avait fait construire en l'honneur de saint Front, se dĂ©veloppe un nouveau centre fortifiĂ©, nommĂ© Ă  cette Ă©poque le « bourg du Puy-Saint-Front ». Pour se protĂ©ger des envahisseurs, les deux villes voisines Ă©difient des murailles.

Vers 1040, PĂ©rigueux est perturbĂ©e par des troubles ayant pour cause la monnaie frappĂ©e par le comte de PĂ©rigord, HĂ©lie II. Peu de temps aprĂšs, l'Ă©vĂȘque Girard de Gourdon, la considĂ©rant dĂ©fectueuse et de mauvaise qualitĂ© et l'ayant interdite, le comte Aldebert II, fils d'HĂ©lie II, dĂ©cide de prouver, les armes Ă  la main, qu'elle lui convient. De ce fait, la CitĂ© doit prendre part Ă  une guerre longue et meurtriĂšre contre le comte. Les quelques habitations placĂ©es sous la protection du nouvel Ă©tablissement religieux du Puy-Saint-Front sont incendiĂ©es vers 1099 ; le couvent et le bourg ne tardent pas Ă  ĂȘtre reconstruits.

De nombreux pĂšlerins viennent se recueillir sur le lieu oĂč sont conservĂ©es les reliques de saint Front ; au XIIe siĂšcle, le nombre de maisons s'accroĂźt et l'agglomĂ©ration est de plus en plus ample. Cependant, au fil du temps, les habitants du bourg se dĂ©sunissent ; vers 1130, dans une querelle avec le couvent, une partie des bourgeois du Puy-Saint-Front s'allie avec le comte HĂ©lie-Rudel. Cette situation attise sa convoitise, persuadĂ© qu'aprĂšs avoir conquis le Puy-Saint-Front, il lui serait plus facile de soumettre enfin la CitĂ©, ce qu'aucun de ses ancĂȘtres n'a rĂ©ussi Ă  faire. À la mĂȘme Ă©poque, les comtes dominent le Puy-Saint-Front.

Vers 1150, Boson III, dit de Grignols, fait Ă©riger une grande et forte tour, destinĂ©e Ă  commander et surveiller la CitĂ©, dont il vient de s'emparer. Mais cette tentative d'oppression lui est fatale, ainsi qu'Ă  ses descendants, car elle excite la colĂšre du roi Henri II d'Angleterre, devenu duc d'Aquitaine par alliance. La tour est dĂ©truite en 1182, Ă©poque Ă  laquelle, Ă  la suite d'un traitĂ© avec le comte HĂ©lie V, le Puy-Saint-Front est remis entre les mains du fils d'Henri II d'Angleterre, Richard, qui fait dĂ©truire toutes les fortifications construites par lui et son prĂ©dĂ©cesseur. C'est Ă  la mĂȘme pĂ©riode, Ă  la fin du XIIe siĂšcle, que le « bourg du Puy-Saint-Front » s'organise en municipalitĂ©.

AprĂšs avoir confisquĂ© le duchĂ© d'Aquitaine Ă  Jean sans Terre et l'avoir rĂ©uni Ă  la couronne de France, Philippe Auguste exige que les peuples et les grands de ce duchĂ© lui rendent hommage. HĂ©lie V et les habitants de la future ville de PĂ©rigueux prĂȘtent alors serment de fidĂ©litĂ© au monarque français en 1204.

Pendant de longues annĂ©es, le Puy-Saint-Front et les comtes vivent en bonne intelligence. L'organisation municipale de cette ville est depuis longtemps reconnue et constituĂ©e par l'autoritĂ© royale. Quant Ă  la CitĂ©, elle ne rencontre aucune difficultĂ© avec les comtes. L'Ă©tat de paix dure jusqu'en 1239 ; une certaine confiance existe mĂȘme entre le comte Archambaud II et la ville car, Ă  cette Ă©poque, cette derniĂšre lui verse 50 livres en Ă©change de l'abandon de la rente annuelle de 20 livres, qu'elle lui devait Ă  chaque NoĂ«l.

Pour assurer sauvegarde et assistance mutuelles, et pour que les rivalitĂ©s s'Ă©teignent, PĂ©rigueux naĂźt en 1240, d'un traitĂ© d'union des deux bourgs implantĂ©s Ă  quelques centaines de mĂštres l'un de l'autre : la CitĂ© — issue de la VĂ©sone gallo-romaine —, ville de l'Ă©vĂȘque et du comte de PĂ©rigord, et la ville bourgeoise du Puy-Saint-Front.

Entre les comtes de PĂ©rigord et la nouvelle ville, diverses hostilitĂ©s durent jusqu'en 1250, date Ă  laquelle la discorde est apaisĂ©e par l'Ă©vĂȘque Pierre III de Saint-Astier. Au XIIIe siĂšcle, de nouveaux bourgeois s'installent Ă  PĂ©rigueux afin d'augmenter leur patrimoine foncier, en achetant des parcelles qui se libĂšrent, tout en profitant des rapports privilĂ©giĂ©s qu'ils entretiennent avec leurs paroisses d'origine, oĂč ils gardent encore des propriĂ©tĂ©s. Revenant dans la rĂ©gion de leurs ancĂȘtres, des marchands drapiers viennent Ă©galement se fixer Ă  PĂ©rigueux, acquĂ©rant de nombreuses rentes et terres dans un large rayon autour de la ville. Le comte Archambaud III a d'autres dĂ©mĂȘlĂ©s avec PĂ©rigueux : en 1266, c'est Ă  propos de la fabrication de la monnaie, et en 1276 au sujet de sa valeur. Cette lutte de pouvoir continue de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. Sur le principe, les comtes affectent la puissance souveraine, se prĂ©tendant seuls possesseurs du bourg du Puy-Saint-Front depuis le XIIe siĂšcle, puis en allant chercher, au XIVe siĂšcle, l'obtention de la faveur royale. Ces longs conflits prennent fin au XIVe siĂšcle, lorsque le comte de PĂ©rigord, Roger-Bernard, fils d'Archambaud IV, devient le vassal des Anglais qui confirment les bourgeois de PĂ©rigueux (« Maires, Consuls & Citoyens de la CitĂ© ») dans leurs possessions et leur juridiction.

Depuis le milieu du XIVe siĂšcle, les campagnes autour de PĂ©rigueux connaissent une pĂ©riode de crise grave, marquĂ©e notamment par une trĂšs forte chute de la population due aux effets dĂ©vastateurs de la peste noire et de la guerre de Cent Ans. Pendant celle-ci, PĂ©rigueux reste fidĂšle au royaume de France, mĂȘme lorsqu'elle est occupĂ©e par les Anglais entre 1360 et 1363. Durant cette pĂ©riode, les comtes et leurs descendances, rĂ©sidant le plus souvent dans leur chĂąteau de Montignac, font allĂ©geance au royaume d'Angleterre. Charles VI leur confisque terres et titres au profit de son frĂšre Louis d'OrlĂ©ans. Par cession ou par mariage avec la famille d'OrlĂ©ans, le PĂ©rigord passe en 1437 aux mains de la maison de ChĂątillon, puis dans la maison d'Albret en 1481.

Pendant le Moyen Âge tardif, partout le manque de bras entraĂźne une contraction de l'espace cultivĂ© : au cƓur mĂȘme du vignoble de la paroisse Saint-Martin, apparaissent des « dĂ©serts ».


249 vues0 commentaire

COPYRIGHT © 2013-2021 Charente Périgord (le blog) ; Tous droits réservés.

Tous textes publiĂ©s sur ce "BLOG" sont et deviennent la propriĂ©tĂ© du blog Charente PĂ©rigord, Ă©tant Ă©crits et publiĂ©s par nous, sous notre nom de domaine et ne peuvent ĂȘtre diffusĂ©s ou rĂ©utilisĂ©s sans le consentement des blogueurs administrateurs et propriĂ©taires de Charente PĂ©rigord (https://www.charenteperigord.fr/ ou  https://www.facebook.com/charenteperigord/).

Le BLOG, oĂč sont diffusĂ©es tous nos articles, Ă©tant existant depuis 2013, appartient au dit blog "https://www.charenteperigord.fr/" et ses propriĂ©taires administrateurs, qui sont, par consĂ©quent, les Ă©diteurs des textes dĂ©posĂ©s librement sur ce dit blog, selon les articles du code de la propriĂ©tĂ© intellectuelle. Les textes diffusĂ©s ne peuvent donc ĂȘtre supprimĂ©s et/ou rĂ©utilisĂ©s sur une autre plateforme ou moyen de diffusion sans le consentement des administrateurs-Ă©diteurs de ce blog.

Nous Ă©crivons nous-mĂȘme nos textes et publions nos propres photos. Nous privilĂ©gions l'Ă©criture ou la rĂ©Ă©criture sous forme de paraphrase, afin d'Ă©viter tout problĂšme de droits d'auteurs. Nous pouvons aussi reprendre des morceaux de textes ou d'articles de d'autres sites ou de WikipĂ©dia, pour illustrer ou appuyer nos articles. dans ce cas, nous nommons les auteurs et mettons des liens vers les textes d'origine afin de respecter le droit d'auteur, sans oublier que l'information d'un sujet n'a pas de propriĂ©tĂ© intellectuelle. Si toutefois cela dĂ©range, merci de nous contacter, au prĂ©alable, car nous savons que nous avons 1 mois, aprĂšs avoir Ă©tĂ© prĂ©venus, pour retirer les parties qui vous appartiennent, si c'est le cas et si cela vous dĂ©range d'ĂȘtre utilisĂ©s comme source.

fond_ecran_image_fond_noir_descente_rivi
Copyright © 2013-2021 Blogueurs influenceurs local en Charente et Périgord (Blog Personnel) ; Tous droits réservés

« Protection de la vie privĂ©e : l'article 9 du Code civil, chacun a droit au respect de sa vie privĂ©e. Les juges peuvent, sans prĂ©judice de la rĂ©paration du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que sĂ©questre, saisie et autres, propres Ă  empĂȘcher ou faire cesser une atteinte Ă  l'intimitĂ© de la vie privĂ©e ; ces mesures peuvent, s'il y a urgence, ĂȘtre ordonnĂ©es en rĂ©fĂ©rĂ©. »

« Le Code de la propriĂ©tĂ© intellectuelle et artistique n'autorisant, aux termes des alinĂ©as 2 et 3 de l'article L.122-5, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement rĂ©servĂ©es Ă  l'usage privĂ© du copiste et non destinĂ©es Ă  une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute reprĂ©sentation ou reproduction intĂ©grale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinĂ©a 1er de l'article L. 122-4). « Cette reprĂ©sentation ou reproduction, par quelque procĂ©dĂ© que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnĂ©e par les articles 425 et suivants du Code pĂ©nal. » Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intĂ©grale ou partielle rĂ©servĂ©s pour tous pays sans le consentement de l’auteur.

  • Blanc Facebook IcĂŽne
  • Blanc IcĂŽne Instagram
  • Blanc Twitter Icon
  • Blanc IcĂŽne YouTube
  • Gris Facebook IcĂŽne