Lunéas & la prophétie des anciens, tome 1 : Chapitre 9

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Lunéas & la prophétie des anciens, tome 1 : Chapitre 9

Chapitre 9

LE JARDIN DES STATUES

Pendant que Peter discutait avec les arbres et mettait sur pied une armée pour attaquer le palais, Erwan quant à lui était enfermé dans l’une des cellules de la prison du seigneur Alias. Cognard était avec lui dans le cachot, couché dans un coin. Erwan semblait recroquevillé dans un autre renfoncement, qui donnait sur la seule lucarne. Il admirait la pleine lune dans le ciel inondé d’étoiles filantes et paraissait pensif.

– À quoi penses-tu Erwan ? demanda le chien.

– À mes cousins ! Si ça se trouve, ils ne sont pas rentrés à Arcane, et donc toi et moi, nous sommes coincés ici pour toujours ! répondit tristement Erwan.

– Tu as encore beaucoup de choses à apprendre, mon jeune ami ! lui répondit Cognard.

– Comment ça ?

– Quand une pluie d’étoiles filantes inonde le ciel, cela veut dire que le royaume a encore un espoir de survivre !

– Et alors, qu’est-ce que ça veut dire ?

– Que tes cousins sont à Arcane, et qu’ils doivent être en route pour te retrouver !

– Viendront-ils nous chercher, Cognard ?

– Le Conseil a un enchanteur avec lui ! Il leur dira certainement où nous nous trouvons !

À ce même moment, quelqu’un les interrompit.

– Il y a vraiment trois enfants des dieux encore vivants ? Enfin, je veux dire trois jeunes hommes des dieux ?

Erwan se leva, et alla regarder à travers les barreaux. Il vit un être avec des jambes de bouc et le corps d’un homme : c’était un faune. Il était assis dans l’ombre de sa cellule.

– Qui êtes-vous ? demanda Erwan.

L’être se leva et se positionna face à ses barreaux.

– Faites-vous partie de ces trois enfants des dieux, comme le prédit le ciel ? demanda le faune.

– Oui ! Pourquoi ?

– Vous allez sauver notre royaume ?

– Je pense. Enfin, on va essayer !

– Donc la prophétie Lunéas est vraie !!! Longue vie à vous, Chevalier des rois d’Arcane ! Il y a tellement longtemps que les Arcaniens attendent ce moment que nous commencions à ne plus y croire ! Maintenant que le Ciel me l’a prouvé, l’espoir envahit mon cœur tout entier ! Oh ! Pardon ! Je ne me suis pas présenté : je me nomme Draffi. Et vous ?

– Moi, c’est Erwan Markson !

– Alors, Erwan Markson, racontez- moi comment vous avez fait pour vous en sortir ?

– Me sortir de quoi ? demanda Erwan.

– De la destruction de tous les villages des hommes des dieux ! répondit Draffi.

– Je ne suis pas d’Arcane ! Je viens du manoir !

– Par le passage des collines de Beinur ? s’exclama le faune.

– Oui, ça doit être ça ! Je suis passé à travers une porte !

– Donc la légende disait vrai !

– Quelle légende ? demanda curieusement Erwan.

– La légende dit qu’autrefois les dieux créèrent des clefs magiques pour aller vers l’autre monde ! Mais ce n’était qu’une légende jusqu’à maintenant !

– C’est mon grand-père, Monsieur Félix qui m’a donné la clef qui ouvrait la porte, s’expliqua Erwan.

– Monsieur Félix, vous dites ?

– Oui, c’était mon grand-père !

– Il fut un grand ami dans le temps ! Je comprends tout maintenant ! L'enchanteur du Conseil a dû sentir l’appel de la clef, et votre grand-père aussi. Il vous a donc envoyés ! Grâce à lui vous connaîtrez vos origines !

– Mes origines ? Quelles origines ? demanda Erwan subitement.

– Ce n’est pas à moi de vous le dire, fit le faune, c’est la tâche du Conseil !

– D’accord ! répondit Erwan déçu.

Le faune prit des barreaux entre ses mains et dit avec assurance :

– Mon cher Chevalier ! Si je vous disais que je connaissais le moyen de s’enfuir de la prison, vous me croiriez ?

– Ça dépend de ce que c’est ! dit Erwan intéressé.

– Je suis un habitant des bois, et je maîtrise parfaitement l’élémental de la Terre ! Il me faudrait du sang d’un gnome !

– Monsieur Langia ? cria Erwan.

Langia était dans la cellule à côté de celle du garçon.

– Il est hors de question que je donne mon sang ! affirma le gnome.

– Monsieur Langia, dit le faune, vous savez très bien que le gnome est l’élémental de la Terre, et donc qu’il en est la puissance !

– Je sais tout ça, mais je refuse de donner mon sang ! s’entêta le gnome.

– Arrêtez de faire votre tête de mule, Langia ! s’énerva Erwan. Vous êtes notre seul espoir d’évasion, alors, aidez-nous !

Langia ne dit plus un mot. Il réfléchit pendant un long moment et se décida à les aider. Il sortit une fiole de la poche de sa veste et coupa la paume de sa main droite et fit couler son sang dans le flacon, qu’il referma aussitôt. Il regarda le faune en disant d’un ton sec :

– Si vous me lancez un sort malicieux, je vous jure devant l’enfant des dieux que je vous transforme en chèvre tout entier !

– Pour votre gouverne, je suis à moitié bouc, monsieur le gnome !

Langia lui lança la fiole, que le faune rattrapa au vol. Il l’ouvrit et en but le contenu. Draffi s’assit sur le sol dur de sa cellule, croisa ses pattes et ferma les yeux. Erwan et Cognard regardèrent attentivement. Un tourbillon de poussière, de terre battue et de petits morceaux de pierre se forma face au faune pour prendre l’apparence d’un être de petite taille, trapu avec un corps musculeux.

– Le gnome, puissance de Terre ! s’exclama monsieur Langia.

Le faune rouvrit ses yeux et fixa le monstre.

– Pourquoi m’invoquez-vous ? cria l’élémental d’un ton sec.

– Nous voulons user de vos pouvoirs pour nous enfuir de cet endroit ! balbutia le faune.

– En quel honneur ferais-je cela, faune ? demanda l’élémental, toujours d’un ton sec.

– Si vous ne voulez pas que le seigneur détruise vos territoires, nous vous conseillons de nous aider ! répondit-il avec plus d’assurance.

– Vous dites cela comme si les forêts et la magie de la Terre étaient en danger !

– Cela risque de se produire si vous ne nous aidez pas !

– Alors, qu’il en soit ainsi !

L’élémental disparut, et d’énormes lianes sortirent du sol en le creusant pour aller s’enrouler autour des barreaux des trois cellules et en arracher les portes. Après cela, les lianes retournèrent dans les abîmes lentement, laissant derrière elles les trous qu’elles avaient creusés pour émerger de ces profondeurs. Erwan, Cognard, le faune et monsieur Langia sortirent tous trois de leurs cachots.

– Bien ! Où allons-nous ? demanda Erwan, heureux.

– Ça fait très longtemps que je suis emprisonné ici. Je connais les lieux par cœur. Nous allons suivre ce couloir puis monter de vieux escaliers de pierre. Puis nous devrons passer par la salle des statues ! dit le faune avec horreur.

– C’est quoi, la salle des statues ? s’interrogea Erwan.

Draffi et Langia le regardèrent avec une infinie tristesse dans les yeux. Erwan ne saisit pas ce qu’ils voulaient lui faire comprendre.

– C’est un sujet dont nous ne préférerons pas parler ! s’attrista Langia.

Le faune ouvrit la marche, suivi du gnome, du chien et enfin d’Erwan. Ils avancèrent jusqu’au bout du long couloir. Erwan put se rendre compte que de nombreux habitants d’Arcane étaient emprisonnés. Il y avait des faunes, des centaures, des elfes, des satyres, des nains, des gnomes, des farfadets… et encore plein d’autres espèces ! Ils tournèrent à gauche pour monter l’escalier de pierre vieillie, et entrèrent dans une immense salle avec de nombreuses tables.

– C’est une cantine, dit le faune.

Ils traversèrent la pièce et passèrent dans une salle voisine, sur leur droite. Erwan s’arrêta en voyant cet endroit. Les autres en firent de même et regardèrent le visage du jeune garçon qui palissait. Spontanément, Erwan balaya le lieu de ses yeux avec horreur. On pouvait deviner de la colère dans son regard, mélangée à de la tristesse.

C’était une vaste pièce, plus imposante même que la cantine à monstres, une de ces pièces que l’on ne trouve que dans les très grandes demeures, voire dans les châteaux. Une douce lumière tapissait la salle et la présence d’une herbe soyeuse et d’une végétation florissante libérait un parfum agréable qui rendait le décor magnifique. C’était pour Erwan une odeur si familière, mais si étrangère qu’il ne se souvenait pas de ne l’avoir jamais sentie, et pourtant elle provoquait en lui une inquiétude comme il n’en avait que rarement connue.

Un bruit mélodieux, apaisant, donnait à la pièce une atmosphère particulière : c’était celui de l’eau qui se déversait à l’infini dans la fontaine qui se trouvait au milieu de la salle. Du lierre poussait sur tous les murs. Le décor, qu’embellissait la végétation, était composé de statues de pierre ayant l’apparence d’hommes, de jeunes garçons et de jeunes hommes. Ils avaient tous été statufiés. Ils étaient dispersés un peu partout dans la pièce, sur la pelouse fraîche. Toute la salle était un vrai jardin de promenade, car sur cette pelouse se trouvaient de petits chemins de pierre.

– On le surnomme le jardin des statues ! expliqua le faune.

– Il n’y a que des hommes et des garçons qui sont statufiés ! remarqua Erwan avec peine.

– Seuls trois hommes des dieux ou trois enfants mâles des dieux peuvent accomplir la Prophétie ! dit Langia pour qu’Erwan comprenne.

– Le Seigneur a demandé à la terrible Méduse de tous les statufier afin d’en faire des trophées de guerre, et il s’en est fait un musée ! continua le faune.

– Et les femmes, et les filles ? Elles sont mortes ? pleura Erwan.

– Elles se sont réfugiées aux bois brumeux avec le conseil, car tous leurs villages ont été rasés ! termina Langia.

– Mais c’est une horreur ! Il y en a ici des centaines et des centaines transformés en statue ! C’est qui, Méduse ? dit-il avec colère.

– Méduse est l’une des trois gorgones à la chevelure de serpents ! Son regard change en pierre quiconque la regarde dans les yeux ! expliqua Draffi le faune.

– Alors, trouvons-la, et tuons-la ! cria-t-il.

– Du calme, mon ami, du calme répondit Langia.

Erwan s’avança pour regarder la fontaine de plus près. L’eau brillait comme si elle charriait des diamants. La statue d’où coulait l’eau représentait une femme avec deux vases, ressemblant au signe du Verseau.

– Qui cette statue représente-t-elle ? demanda Erwan.

– L’ondin, répondit le faune.

– L’ondin ? questionna-t-il de nouveau.

– C’est l’élémental de l’Eau, le maître des flots ! continua le faune. Il est par excellence le symbole de la vie ! La fontaine que tu vois est la fontaine de Jouvence ! Elle peut redonner vie à des êtres dont la mort a été dénaturée, mais à l’origine l’eau de cette fontaine permet de rajeunir !

– On n’a qu’à se servir de cette eau pour réanimer les statues ! répondit Erwan avec empressement.

– Pas tout de suite, mon ami ! On le fera quand le moment sera venu ! rétorqua Langia.

Erwan s’avança encore pour admirer les statues, et en remarqua une qui lui rappelait les descriptions que sa mère avait faites de son père. Il courut vers elle et se mit à lui caresser le visage. Des images envahirent son esprit :

*****

Dania, la maman d’Erwan, s’avança vers son mari Mark et l’embrassa amoureusement. Elle se caressa le ventre.

– Alors ? Le druide du village t’a dit quoi, sur notre bébé ? demanda Mark.

– Il a dit que ce serait un petit garçon ? répondit Dania avec sourire.

– Et comment allons-nous appeler notre fils ?

– Erwan ! C’est mon prénom préféré.

– Tu sais, quand il va naître, il ne faudra pas que tu négliges Peter ! Il a conscience que sa vraie mère est morte à sa naissance ! dit Mark.

– Je sais et j’aurai autant d’amour pour lui que pour notre bébé !

– Je t’aime, Dania !

– Moi aussi je t’aime, Mark !

Ils s’embrassèrent avec tendresse.

*****

Erwan pleura sur cette vision. Il voyait son père pour la première fois de sa vie, mais il était statufié. Les autres l’observèrent avec tristesse. Cognard s’approcha lentement et lui dit doucement :

– Allez viens, Erwan. On doit partir !

– C’était mon père, dit-il en pleurant. Tu sais Cognard, je ne l’ai jamais connu et l’image que je viens d’avoir de lui est douce. Il s’appelait Mark. C’était son prénom. Mais que faisait-il à Arcane ? se demanda-t-il soudainement.

Langia, Draffi et Cognard le regardèrent comme s’ils savaient quelque chose.

– Je vais utiliser l’eau de la fontaine pour le ramener !

– Non ! dit le faune en s’interposant entre Erwan et la source mystique. Si tu utilises l’eau maintenant, le seigneur va le ressentir, et il saura que nous nous sommes échappés !

– Il a raison, continua Cognard.

– Mais c’est mon père ! Ma mère a tellement pleuré de son absence que je m’en sentais coupable ! s’énerva Erwan.

– Ne commence pas à faire de bêtise ! reprocha Cognard. Tu reverras ton père quand le moment sera venu.

À peine Cognard eut-il terminé sa phrase qu’ils entendirent des monstres hurler à la mort et venir dans leur direction.

– Il faut partir et se cacher ! les pressa Langia.

Ils se mirent à courir, et sortirent du jardin des statues par la porte opposée à celle où ils étaient entrés. Ils se cachèrent derrière de grosses colonnes de marbre et virent passer une horde de monstres variés, qui transportaient un énorme oiseau multicolore en cage. Le seigneur ouvrait la marche et tenait à la main un trident de fer et de cuivre orné de pierres précieuses.

Ils se rendirent sur un immense balcon qui donnait sur une gigantesque forêt magnifique. Des lacertes placèrent la cage sur un autel au bord de l’estrade munie de garde-corps sculptés en forme de dragons.

Erwan, Cognard, Langia et Draffi prirent position non loin de la plate-forme pour voir ce qui allait se passer, car les monstres du Seigneur se comportaient tels des enragés. Ils s’agitaient violemment, signe qu’un événement important allait se produire. Les kobolds, ainsi que les orcs, tapaient le sol avec leurs lances, comme des tambours. Les lacertes hurlaient, bavaient et poussaient des clameurs brutales. Les autres s’excitaient de manière tout aussi bestiale.

Le Seigneur leva son trident des deux mains et vociféra en regardant ses sujets :

– Bientôt, le monde entier nous appartiendra ! Le temps des guerres infinies entre le Bien et le Mal sera révolu ! La balance va pencher de notre côté, et nous écraserons les êtres bénéfiques d’Arcane et de l’autre monde ! harangua le Seigneur.

Les monstres crièrent de plus belle et s’énervèrent encore plus.

– Nous commencerons par nettoyer Arcane de ces vermines, et quand nous en aurons le contrôle total, nous assiégerons la Terre et nous détruirons son PEUPLE ! hurla-t-il, encore plus fort. VIVE VICTOR DARIUS !!!

Les monstres beuglèrent encore plus fort. L’excitation qui montait en eux devenait carrément macabre.

Du haut de leur cachette, Erwan posa une question au faune :

– Que veut-il dire par « nettoyer » Arcane ?

– Ça veut dire qu’il va tout anéantir ! expliqua Draffi.

– Et apparemment, ils veulent aussi anéantir l’autre monde, comme prédit dans la Prophétie ! fit Langia.

Le Seigneur brandit son trident face à l’oiseau et brailla :

– Que ton feu me mette en contact avec la salamandre !

Il planta l’arme dans l’oiseau, qui prit feu aussitôt. Les flammes grandirent jusqu’à prendre l’apparence d’un homme. Erwan demanda à ses compagnons ce qu’était cet être. Langia lui expliqua qu’il représentait l’élémental du Feu, aussi connu sous le nom de salamandre, et que l’oiseau tué par le Seigneur était un phénix. Erwan pleura pour son sort si tragique, mais Langia lui fit comprendre que ça n’en valait pas la peine.

Le Seigneur fixa l’élémental de Feu avec assurance. L’élémental s’adressa à Alias :

– Pourquoi m’appelles-tu ?

– Je voudrais que tu m’embrases la forêt derrière toi, car j’ai besoin de terrain et d’espace pour lever des armées !

– Tu le feras toi même ! répliqua l’élémental en fusionnant dans le corps du Seigneur.

Une vague de feu naquit de cette fusion, et engloutit tout le bois, le dévorant de ses brasiers infernaux. L’immense étendue sylvestre se consuma lentement, formant d’épais nuages noirs qui montaient vers le ciel, montrant d’éternelles flammes rouges.

Le Seigneur se tourna de nouveau vers ses hôtes et cria le plus fort possible :

– LES TERRES MAUDITES SONT NÉES !

Les monstres s’égosillèrent. Erwan fut pris d’angoisse en voyant cette scène horrible. Il n’arrivait plus à prononcer un seul mot, ni même un son tellement la terreur l’envahissait. Ses poils se hérissèrent et sur sa peau se dessina une chair de poule. Un son étranglé sortit de sa bouche :

– Que fait-on maintenant ?

– On retourne se cacher ! répondit Cognard en voyant les monstres repartir.

Ils allèrent se cacher de nouveau, et quand les monstres furent partis Erwan insista pour aller voir le phénix vers l’autel. Le jeune garçon remarqua qu’il ne restait de l’oiseau que de la poussière incandescente.

– C’est foutu pour lui, le Seigneur l’a tué ! s’attrista Erwan.

– Tu dois savoir une chose mon petit, dit le faune, c’est qu’un phénix est un oiseau de Feu et quand le jour de sa mort a sonné, une combustion spontanée le brûle.

– Oui, mais pour celui-là, c’est le Seigneur qui la tué !

– Un phénix renaît toujours de ses cendres ! termina le faune.

Erwan, du haut de ses dix ans, semblait vraiment mûr et sûr de lui. Il regarda attentivement les cendres de l’oiseau qui devinrent braises puis flammes et enfin de nouveau un phénix. Erwan prit l’oiseau dans ses bras en pleurant.

– C’est bon, arrête de pleurer comme ça ! lui dit l’oiseau.

Erwan le regarda en s’essuyant les yeux.

– Ce n’est pas beau pour un petit enfant des dieux de pleurer ! Je m'appelle Pourpre. Et toi ?

– Erwan !

– Enchanté, Erwan ! Étant donné que tu m’as vu renaître, tu es donc mon maître ! Je peux obéir à tous tes ordres !

– Retrouve mes cousins et dis-leur que je suis dans le palais du Seigneur !

– Comment veux-tu qu’il sache où se trouvent tes cousins ! critiqua Langia.

– Un message a été répandu dans tout Arcane pour annoncer la délivrance ! Il est parti de la forêt enchantée il y a une heure, avant que le Seigneur me capture ! Je n’aurai donc pas de mal à retrouver ses cousins ! répondit le phénix.

Le seigneur entra sur l’estrade en applaudissant. Ils furent tous surpris de son arrivée.

– Envole-toi, Pourpre et avertis mes cousins ! cria Erwan.

Le phénix s’envola majestueusement et disparut dans le ciel. D’un geste, le seigneur projeta le faune, le gnome et le chien contre les murs, grâce à son pouvoir de télékinésie. Puis il s’approcha du garçon, le prit par le col, le souleva en l’air et dit avec rage :

– Tu me fais perdre mon temps, morveux ! Tu crois pouvoir avertir tout le monde de mes projets à temps ? Arcane est à nous, et l’autre monde deviendra notre royaume de douleur !

Il jeta Erwan au sol. Le garçon se releva avec peine.

– Tu pensais peut-être pouvoir m’arrêter ?

Le Seigneur le gifla.

– Tu pensais que je ne me douterais de rien ?

Il le gifla de nouveau.

– SALE VERMINE QUE TU ES ! cria le seigneur Alias.

Erwan pleurait, de douleur et de peur.

– Vous, les hommes des dieux, vous êtes si prévisibles que cela me donne envie de vomir ! Mais comme je ne ressens rien à part le Mal, je ne pourrais point vomir de ta tristesse ! Votre cœur est d’une laideur infecte ! Vous y entassez toutes sortes de sentiments inutiles ! Moi, je n’ai que le sentiment du Mal et celui de gagner une guerre, car crois moi, le moment venu, celui où Victor Darius reviendra parmi nous, ça va faire mal !

Le seigneur prit Erwan fermement et lui tourna la tête pour lui montrer les Terres maudites. Le visage d’Erwan exprimait la peur et l’angoisse la plus profonde qui puisse exister. Des milliers de monstres de toutes sortes sortaient des ténèbres, depuis des dizaines de grottes menant aux enfers, et envahissaient les immenses Terres maudites pour en faire leur camp de base.

– Mes armées se préparent et n’attendent qu’une chose : détruire ! GARDES !

Des orcs et des lacertes entrèrent sur l’estrade.

– Ramenez-moi ces imbéciles dans leur prison !

Les gardes les embarquèrent tous les quatre pour les remettre au cachot.

Alias admirait quant à lui ses armées qui se déployaient à grande vitesse. Un sourire cruel et machiavélique se peignit sur son visage. Ses yeux brillaient d’impatience, celle de devenir le maître d’Arcane et de pouvoir conquérir l’autre monde.


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À propos des blogueurs

David, Loïc & Jumper, blogueurs influenceurs au niveau local, de 35, 32 & 11 ans.

Nous parcourons la Charente et le Périgord afin de vous faire découvrir notre si belle région et vous faire partager nos itinéraires, découvertes, adresses et bons plans. globe & dog trotters, Suivez-nous dans notre aventure aux côtés de notre petit chien vadrouilleur.

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